Les Archives Départementales de la Vendée présentent, parmi une galerie de documents surprenants, un curieux feuillet qui nous éclaire sur les massacres de Noirmoutier.

L'île de Noirmoutier fut disputée tout au long de l'année 1793. Prise et reprise tour à tour par les Blancs et les Bleus, elle tombe finalement aux mains des républicains le 3 janvier 1794, sur la promesse de la vie sauve de leurs adversaires vendéens. Promesse non tenue, il va sans dire… L'île subit aussitôt une effroyable épuration. Elle en perdit jusqu'à son nom qui devint Ile de la Montagne (ridicule pour un endroit qui culmine à 26 mètres, mais l'appellation évoque en fait le parti montagnard aux rênes de la Terreur).

La chasse aux Vendéens draina des centaines de prisonniers de toute l'île. Les jugements sommaires et les massacres s'enchaînèrent les jours suivants. Environ 2000 victimes succombèrent sous les balles républicaines dans les dunes de Banzeaux, au lieu-dit la Vache, à l'est de la ville de Noirmoutier.
Les prisonniers les plus remarquables eurent les honneur de la fusillade sur la place d'armes, face au château. Parmi ces derniers figuraient le général d'Elbée qui, ne pouvant se tenir debout en raison de ses blessures, fut exécuté dans un fauteuil (visible au musée du château).

CHARNIER_NOIRMOUTIER25 ouvriers furent chargés, pendant trois jours, d'enfouir les innombrables corps des victimes de la répression. L'un d'eux en dressa un mémoire (photo ci-contre), présenté par les Archives de Vendée, afin d'en établir la facture.

A noter que le dernier massacre perpétré par les républicains à Noirmoutier fut commis le 3 août 1794, dans les landes de la Claire, au nord de l'île. Au chant du Magnificat, 22 personnes dont 13 femmes furent fusillées, leurs corps jetés dans une fosse et achevés à coups de pelles et de crosses. La croix  du Magnificat commémore ce massacre.

Lien vers la page des Archives de Vendée : Facture d'un fossoyeur chargé d'un charnier (1794)