La confusion règne souvent lorsqu'il s'agit de définir les contours de la Vendée. Voici quelques petites précisions utiles pour mieux les cerner…

CARTE_VENDEE_MILITAIRELa Vendée Militaire est le nom attribué à la Vendée insurgée en 1793, « la Vendée des Guerres de Vendée » en somme (d'où son nom de Militaire). Ce vaste territoire (en jaune sur la carte ci-contre) se trouve à cheval sur quatre départements : le sud-ouest du Maine-et-Loire et le sud de la Loire-Atlantique (délimités par la Loire), le nord-ouest des Deux-Sèvres autour de Bressuire et Mauléon, et les 2/3 nord du département de la Vendée couvert par le Bocage.

Le département de la Vendée (délimité en pointillé sur la carte) fut, quant à lui, découpé en 1790 dans une portion de l'ancien Poitou. Initialement, on lui donna le nom des Deux-Lays, du nom des deux rivières qui le parcourent, mais la disgrâce de deux de ses représentants à l'Assemblée conduisit à lui préférer un autre cours d'eau qui arrose le chef-lieu (Fontenay-le-Comte). Pour éviter un jeu de mot déplaisant, le département reçut donc le nom de cette rivière, la Vendée. Et comme la première grande bataille rangée eut lieu sur son territoire, le 19 mars 1793, c'est ce même nom qui fut choisi pour désigner toute la région en rébellion contre la Révolution.

CARTE_GENERAUX_VENDEENSCholet, Chemillé, Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) ; Bressuire et Mauléon (Deux-Sèvres) ; Clisson et Machecoul (Loire-Atlantique) sont donc bien des communes vendéennes (de Vendée Militaire).
Tandis que Luçon, Les Sables-d'Olonne et Fontenay-le-Comte n'en font pas partie.

La distinction est nécessaire, pour ne pas exclure de ce territoire historique de la Vendée, des régions qui en furent pourtant le principal foyer. Pour preuve, après la découverte en février 2009, d'ossements de Vendéens morts lors du désastre du Mans (12-13 décembre 1793), le département de la Vendée a émis des revendications sur ces restes humains en vue d'ériger un mémorial sur son sol. Logique pour qui confond Vendée administrative et Vendée de 1793, mais regrettable quand on sait que l'essentiel du contingent de l'Armée vendéenne et de ses réfugiés (et par conséquent des victimes de la Campagne d'Outre-Loire) venaient de la Vendée Angevine et de ses marges.