Deux communes vendéennes honorent le souvenir de Pierre Bibard, capitaine de paroisse devenu célèbre pour son geste de clémence.

100_3241Né à La Tessoualle près de Cholet, le 16 novembre 1770, Pierre Bibard fut élu capitaine de sa paroisse lorsque l'insurrection embrasa le Bocage en mars 1793. Il n'avait que 22 ans.
Son principal fait d'armes eut lieu au combat de Fontenay-le-Comte, alors chef-lieu du département de la Vendée. La première attaque, le 16 mai 1793, se solda par un échec. Blessé d'une vingtaine de coups de sabres et de baïonnettes, Pierre Bibard tomba aux mains des républicains qui le jetèrent violemment en prison. Il y demeura plus d'une semaine, presque nu, sans soins, tourmenté par son geôlier. Malgré cela, le malheureux prisonnier ne lui tint pas rigueur de ses violences et fit preuve de clémence quand les Vendéens réussirent à s'emparer de la ville, le 25 mai. suivant.

100_3243En demandant la grâce de son gardien, les paroles de Pierre Bibard sont restées un exemple d'humanité : « Souviens-toi que je t'ai pardonné pour l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ ! » dit-il à son geôlier. C'était le temps où les Vendéens se contentaient, après leurs victoires, de libérer leurs prisonniers contre la seule promesse de ne pas reprendre les armes contre eux.

Pierre Bibard resta dans les rangs de l'Armée catholique et royale, mais ses blessures ne lui permirent pas de faire la Virée de Galerne. Il survécut à la guerre, et passa ses dernières années à Maulévrier dans un modeste logement. Sentant sa fin proche, il entreprit un pèlerinage au tombeau du Père de Montfort, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, mais tomba malade à peine arrivé. Il mourut là, le 7 novembre 1841, et fut inhumé dans le cimetière.

100_3233Son souvenir perdure aujourd'hui à La Tessoualle, où une stèle fut érigée par souscription publique, en 1913, dans la rue de l'Industrie (près du n°20). On trouve également une plaque commémorative apposée par le Souvenir vendéen à l'entrée du cimetière de Saint-Laurent-sur-Sèvre.