La vieille église romane de Beauvoir-sur-Mer abrite, sur sa façade occidentale, un grand vitrail célébrant le martyre d'un de ses vicaires sous la Révolution.

100_3708Trois verrières historiques, réalisées dans les années soixante, évoquent des épisodes du passé religieux de Beauvoir : le passage des reliques de saint Philbert en 836, la mort de saint Goustan en 1040, et, plus près de nous, le martyre de Matthieu de Gruchy en 1797.

100_3718Né à Jersey le 31 août 1761, de parents protestants, Matthieu de Gruchy refusa la formation de pasteur qu'on lui destinait et quitta son île à l'âge de 15 ans. Il se convertit au catholicisme, puis fut ordonné prêtre en 1787. Il reçut ses premières charges de vicaire dans le Marais breton, à Soullans, à Bois-de-Céné, à Beauvoir enfin, où il s'installa à l'automne 1790.

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A peine arrivé, il fut confronté au serment constitutionnel, qu'il refusa, tout comme le curé de la paroisse, André Gergaud. Entré dans la clandestinité, il parvint à se réfugier sur son île natale, avant de revenir en France.

Image_1La traque reprit après le coup d'Etat de Fructidor (4 septembre 1797) qui relança les persécutions anticatholiques. Arrêté peu de temps après, Matthieu de Gruchy refusa de se soumettre au serment et fut condamné à mort. On le fusilla à Nantes le 28 novembre 1797.

Illustrations : l'église de Beauvoir-sur-Mer (les parties les plus anciennes remontent aux XIe et XIIe siècles), la verrière du Martyre de l'Abbé de Gruchy et la plaque posée en sa mémoire en 1997 par le Souvenir vendéen.

Note – La verrière est endommagée à deux endroits visibles en orange vif : dans le pan du manteau de l'Abbé de Gruchy et dans la jambe droite du soldat républicain au premier plan. Les parties manquantes ont été bouchées avec du scotch orange.