Les Mémoires de Madame de Sapinaud rapportent l'épisode tragique de la chute de Mortagne, auquel elle assista le 15 octobre 1793. Pressés de toutes parts, les Vendéens se replient sur Cholet pour livrer leurs deux derniers combats avant l'exode outre Loire…

Mortagne 1793Lithographie de Mortagne au début du XIXe siècle, la ville en partie reconstruite
montre encore d'imposantes ruines laissées par la Révolution

  
Extrait des Mémoires de Madame de Sapinaud sur la Vendée : « Mes peines augmentèrent le 15 octobre. J'avais envoyé le matin un exprès à la Blanchardière, dire à mes enfants les malheurs qui nous menaçaient, et les engager à s'enfuir ; je fis en même temps seller un cheval pour aller les rejoindre ; en attendant le retour de l'exprès, je me jetai sur mon lit pour y prendre un peu de repos. A peine y étais-je couchée, qu'on vint me dire que les Bleus entraient de tous côtés, et qu'il fallait se sauver au plus vite. Une de mes domestiques, qui arrivait, me confirma cette triste nouvelle ; il fallait fuir et chercher un asile dans le bois le plus voisin. A peine y étions-nous entrés que les coups de canon grondèrent de tous côtés. Nous apercevions, à travers les bois, des cavaliers qui criaient de tout tuer et de tout brûler… »