Voici une petite notice biographique du général Sapinaud, chef de l'Armée du Centre, survivant des Guerres de Vendée.

Image_8Charles Henri Félicité Sapinaud de La Rairie est né au château du Sourdis, en la paroisse de La Gaubretière (Vendée), le 30 décembre 1760.

Il fut nommé en 1778 cadet-gentilhomme au régiment de Foix, d'où il se retira en 1789 avec le grade de lieutenant. Aux premiers soubresauts de la Révolution, cinq de ses frères émigrèrent. Lui, au contraire, demeura au Sourdis et eut foi dans les idées nouvelles qui se répandaient. Mais la dérive du pouvoir lui ouvrit les yeux sur la nature réelle de la Révolution.

SAPINAUDIl se montra toutefois réticent à l'insurrection qui embrasa le bocage, en mars 1793. Lorsque des paysans envahirent la cour du Sourdis, il céda plus à leurs menaces qu'à leurs prières. Son oncle de La Verrie, le chevalier Sapinaud de Bois-Huguet, fut plus entreprenant quand il prit la tête des insurgés du Haut-Bocage vendéen. Leurs troupes chassèrent les garnisons de Tiffauges et des Herbiers, avant de se réunir aux contingents des Angevins.

PLAQUE_SAPINAUDSapinaud de La Rairie prit le commandement de la place de Mortagne, stratégique puisqu'elle abritait un vaste parc d'artillerie. Il le conservera jusqu'à la prise de la ville par les Mayençais, le 15 octobre 1793. Il succéda à son oncle, tué au combat le 25 juillet 1793, sur le front du Lay que gardait l'Armée du Centre, partageant ce commandement avec Charles de Royrand.

SIGNATURE_SAPINAUD

100_3222Lors de l'effondrement de la Vendée, en octobre 1793, il fut entraîné dans la débâcle outre Loire, jusqu'au désastre du Mans. C'est là qu'il perdit son père, fusillé après la bataille, et qu'il fut séparé de l'armée. Il parvint cependant à rentrer en Vendée, où il réorganisa peu à peu une petite troupe de paysans excédés par les massacres des Colonnes infernales.

100_3220Sapinaud entreprit de conjuguer ses efforts à ceux de ses alliés : Charette, Stofflet et Marigny. Il put ainsi mener plusieurs attaques sur Mortagne, que les républicains évacuèrent en mars 1794. Moins intransigeant, il refusa de voter la mort de Marigny, qui sera quand même exécuté le 10 juillet suivant, et accepta le traité de paix de la Jaunaye en février 1795. Stofflet, furieux de cette soumission, voulut le faire arrêter. Il envoya des chasseurs à La Gaubretière, qui pillèrent le Sourdis, mais n'y trouvèrent pas Sapinaud. Ce dernier reprit les armes à l'été 1795, ne livrant que quelques petits combats à Montaigu, Pouzauges, Saligny et La Merlatière. La mort de Charette, le 29 mars 1796, mit fin à la guerre.

100_3219Sapinaud reprit les armes lors des soulèvements de 1799 et surtout de 1815, mais se montrera à chaque fois partisan de la paix.

Il se maria en 1797 avec Marie-Louise de Charette, belle-fille du général.

Rentré dans ses terres de La Gaubretière à la Restauration, il fut nommé par Louis XVIII lieutenant-général, inspecteur des gardes nationales de la Vendée et chevalier de la Légion d'honneur. Le roi Ferdinand d'Espagne y ajouta la croix de l'ordre de Charles III. Sapinaud fut également nommé pair de France.

100_3194Il mourut au Sourdis le 10 août 1829. Son corps repose dans le cimetière de La Gaubretière.

Source : Notes historiques sur la paroisse de La Gaubretière, par Paul Legrand.
Article connexe : Il y a 250 ans… la naissance de Sapinaud.

Illustrations : le logis du Sourdis ; portrait de Sapinaud de La Rairie ; plaque posée par le Souvenir vendéen sur le mur du Sourdis en 1929, pour le centenaire de la mort de Sapinaud ; signature de Sapinaud, général en chef (1815) ; colonne érigée à la mémoire de Sapinaud devant l'église de La Gaubretière et détail du piédestal ; plaque posée en 1993 sur la place Sapinaud ; tombe de Sapinaud au cimetière de La Gaubretière.