Plusieurs articles publiés dans le dernier numéro des Cahiers des Mauges concernent les Guerres de Vendée. Le principal aborde l'histoire du Collège de Beaupréau pendant la Révolution.

CAHIERS_MAUGES_110Le Collège de Beaupréau fut le principal centre d'enseignement des Mauges, mais également de formation pour le clergé local. Sa réputation, au début de la Révolution, dépasse les limites du diocèse. L'établissement comptait alors plus d'une centaine de pensionnaires.
L'adhésion des professeurs aux idées nouvelles prit fin lorsque l'Assemblée nationale vota la Constitution civile du clergé et exigea d'eux un serment. Le Collège se trouva dès lors plongé au cœur des troubles qui secouèrent les Mauges, quand les réfractaires furent chassés et remplacés – non sans mal – par des prêtres jureurs. Le corps professoral, concerné lui aussi par ce serment constitutionnel, n'y survécut pas. Le Collège ferma ses portes à la fin de l'année 1792.

Image_4Le bâtiment se trouva en premières lignes à deux occasions, pendant la Grande Guerre de 1793 : en avril, lorsque les Vendéens reprirent Beaupréau (en s'emparant du Collège, La Rochejaquelein mit la main sur cinq canons et 500 prisonniers) ; et en octobre, au soir de la défaite de Cholet, quand les soldats républicains massacrèrent les blessés vendéens déposés à cet endroit.
Il faudra attendre la fin de la guerre et de la Révolution pour que le Collège de Beaupréau retrouve son lustre d'antan, grâce à l'action d'Urbain Loir-Mongazon.
(Le Collège de Beaupréau et la Révolution française dans les Mauges, 1789-1795, par Bertrand Delahaye)

On lira également un article de Jean-Luc Marais, qui retrace la vie de Charles Foyer (1771-1842), curé de Torfou, un de ces prêtres qui traversèrent la Révolution et qui furent à l'origine du renouveau spirituel des Mauges au XIXe siècle.

Un dernier article d'Anne Rolland-Boulestreau effleure la question de la violence et de la Guerre de Vendée. Très réducteur, il renvoie dos à dos Vendéens et républicains, comme lorsqu'il met en parallèle les massacres de Machecoul («perpétrés par les Vendéens » sans autre nuance) et les fusillades du Champ des Martyrs d'Avrillé (des exécutions de masse de civils vendéens en 1794). Cette vision des choses s'inscrit dans le relativisme défendu par nombre d'universitaires, oublieux des gestes de grâce dont les chefs vendéens s'honorèrent lors de la Grande Guerre de 1793.

Les Cahiers des Mauges n°10, 2010, 102 pages, 10,00 €