Le souvenir des massacres au temps de la Terreur et des Colonnes infernales s'est perpétué dans la tradition orale, souvent collectée par les historiens locaux, parfois matérialisée par un calvaire ou un monument. Les registres clandestins de l'époque peuvent également en conserver la trace.

Les exemples les plus frappants restent les registres des Lucs-sur-Boulogne, rédigés par le célèbre abbé Barbedette, ou encore ceux de Legé, soigneusement tenus par l'abbé Gillier. Leur précision éclaire d'un jour poignant cette période sanglante.

MORT_PAR_LA_MAIN_DES_BLEUS

D'autres communes en gardent des marques plus discrètes dans leurs archives. C'est le cas de Cossé-d'Anjou, petit bourg des Mauges niché dans un vallon près de Chemillé. Le registre clandestin pour l'année 1794 a heureusement été préservé. Il porte en en-tête la signature de l'abbé Bernier, « commissaire général pour le Roi dans l'Anjou et le Haut-Poitou », daté de « l'An second du règne de Louis XVII ». On y trouve à la date du 2 juin la mention de la mort de douze personnes, portant toutes l'indication « mort par la main des bleus », inhumées sans sépulture dans le cimetière ou à l'endroit où elles ont péri.

Coss__d_AnjouStofflet a alors repris possession des Mauges, mais les Bleus (les soldats républicains) postés en garnison sur le Layon, ou leurs colonnes mobiles qui s'aventurent toujours dans le Bocage, comme celle de Dusirat, sèmeront la mort parmi les civils jusqu'à l'été 1794. Cossé ne sera pas la seule commune à en faire les frais.