La sensibilité laïque – traduisez anti-chrétienne – d'une poignée d'élus de Pornic (Loire-Atlantique) s'est réveillée en janvier dernier depuis que le blason de leur commune a intégré celui de Sainte-Marie. Ces gardiens du Temple (de la déesse Raison) soupirent en regrettant ces belles années 1792-1794 où pareille offense à la République aurait été promptement châtiée.

BLASON_DE_PORNICC'est déjà une provocation de conserver un blason, symbole entaché d'aristocratie aux yeux des thuriféraires de la Révolution. Mais quand ces derniers ont réalisé qu'en outre ce blason arbore une Vierge au tabernacle, certains se sont pris à rêver de dérouiller le couperet. Car il fut un temps où la jeune République pourfendait tout ce qui pouvait évoquer la religion, sur les monuments, dans le calendrier, et jusqu'aux noms de nos communes d'où il fallait extirper les Saints.

L'affaire a éclaté en janvier dernier, après l'annonce que Pornic, qui a fusionné en 2007 avec Le Clion-sur-Mer et Sainte-Marie, avait un nouveau blason associant les armes des trois communes et leurs devises, conçu afin d'orner les documents officiels. Cette démarche respecte par ailleurs la jurisprudence, puisque les éléments chrétiens qui y figurent (le Vierge au tabernacle et la devise Ad Jesum per Mariam, vers Jésus par Marie) ont une justification historique parfaitement légitime.

Ce qui n'a pas empêché le conseiller municipal Jérôme Puybareau (PS) et les six élus de l'opposition municipale de s'en émouvoir, arguant que ce blason serait en contradiction avec la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. L'affaire en reste là pour l'heure, à moins que lesdits élus ne se mettent à réclamer la suppression du clocher du Clion qui figure sur le même blason, des armes du Pays de Retz frappées d'une croix, voire des hermines de Bretagne…

(Cliquez sur le blason ci-dessus pour voir l'animation proposée par la mairie de Pornic)