Le mois de juillet 1794 fut entaché d'un drame qui ruina l'unité des armées vendéennes. Le serment prononcé quelques mois auparavant par Charette, Stofflet, Sapinaud et Marigny aura conduit à la mort de ce dernier, le 10 juillet.

Croix de la Girardiere CombrandLes exactions des Colonnes infernales avaient permis aux généraux vendéens survivants de la Grande Guerre de reformer de nouvelles troupes. La mort de La Rochejaquelein, le 28 janvier 1794, les avaient privés d'un généralissime, mais pour éviter toute querelle de préseance, les quatre chefs s'étaient unis par un serment d'assistance mutuelle, prononcé dans les ruines du château de la Boulaye, près de Mallièvre, le 22 avril. Quiconque faillirait, encourrait la peine de mort.

Ce serment fut mis à l'épreuve seulement deux jours après, au combat de Chaudron-en-Mauges, qui donna la victoire aux Vendéens. Cependant, la défection de Marigny fut considérée comme un manquement grave à sa parole. L'affaire fut instruite et jugé en l'absence de l'accusé. Malgré les protestations de Sapinaud et d'autres officiers, il fut convenu que celui qui trouverait Marigny sur son territoire devrait exécuter la sentence.

Tombe de Marigny CombrandCette opportunité se présenta lorsque Stofflet fit une incursion dans le Châtillonnais au début du mois de juillet. Informé de l'endroit où s'était réfugié Marigny, le général de l'Armée d'Anjou voulut simplement l'envoyer à Saint-Florent, mais certains parmi ses proches, probablement influencés par l'abbé Bernier, réclamèrent l'exécution de l'arrêt. Quatre chasseurs allemands furent alors envoyés au logis de la Girardière, près de Combrand, où ils trouvèrent Marigny, malade. Ils l'engagèrent à sortir dans la cour, prétextant qu'ils devaient le conduire au quartier général. Mais à peine était-il sorti de sa chambre, que plusieurs soldats lui déchargèrent leurs fusils dans le dos.

La nouvelle de cette exécution eut un écho terrible, puisque bon nombre de combattants poitevins, très attachés à leur chef assassiné, déposèrent les armes. Leur indépendance et leur fidélité se perpétuèrent au début du XIXe siècle dans l'émergence d'une Petite Eglise anticoncordataire, toujours vivante aujourd'hui dans cette même région.