Article paru dans Ouest-France, mardi 16 août 2011

Champ des Mathes 1815Le monument des Mathes, au village de la Fradinière, sur la route du Perrier, est un site historique important de l'insurrection de 1815.

Louis de La Rochejaquelein fut tué et enterré entre Saint-Gilles et Le Perrier, lors du quatrième épisode des Guerres de Vendée, pendant les Cent Jours. Pour bien des historiens, cet épisode coûta cher à Napoléon en route pour Waterloo, auquel les troupes engagées en Vendée auraient suffi à inverser le cours de la bataille, peut-être de l'Histoire. À la Restauration, en 1815, La Rochejaquelein avait été nommé maréchal de camp et capitaine des grenadiers de la Maison du Roi.

Un chef royaliste

Louis de La RochejaqueleinÀ l'endroit même où il fut tué le 4 juin 1815, furent élevés dès 1820 une stèle, puis un autel surmonté d'une croix en pierre calcaire, sur un terrain qui appartient toujours à la famille La Rochejaquelein. L'endroit si tranquille semble n'avoir guère changé en deux siècles. À l'ombre des arbres qui le cernent, le monument rappelle des instants beaucoup moins paisibles pour ce petit bout de terre à proximité du marais. Ici est donc mort au combat Louis de La Rochejaquelein, l'un des chefs d'une armée royaliste levée dans un sursaut des Guerres de Vendée.

L'Angleterre soutenait, avec un débarquement de munitions, les royalistes. Plusieurs nobles locaux et environ 13 000 hommes s'étaient regroupés à Croix-de-Vie le 14 mai. Mais le débarquement d'armes anglais, 2 000 fusils, 30 000 cartouches, un canon, s'avéra insuffisant. Le 16, les forces impériales se repliaient sur Les Sables. Mais de Napoléon-Ville (La Roche-sur-Yon), le général napoléonien Travot menait ses troupes vers la côte.

Un manque pour Napoléon

La Rochejaquelein et ses hommes attendaient un deuxième débarquement d'armes pour la fin du mois de mai. Mais à L'Aiguillon-sur-Vie, 200 d'entre eux étaient tués. Suivait une nouvelle défaite des royalistes à Aizenay, les 20 et 21 mai, contre des troupes impériales inférieures en nombre mais supérieures en équipement et en stratégie.
Les armes et les canons étaient débarqués dans le Havre-de-Vie le 1er juin, mais les forces impériales investissaient Saint-Gilles.

Le 4 juin, La Rochejaquelein commettait l'erreur de sortir du marais où il avait l'avantage du terrain et la supériorité numérique. Il était tué. Napoléon aurait déclaré que ces Vendéens, plus que les Anglais, avaient gagné Waterloo. Car les forces engagées pour les mater lui avaient manqué.

Illustrations : le monument du Champ des Mathes aujourd'hui et le portrait de Louis du Vergier de La Rochejaquelein par P.-N. Guérin (Musée d'Art et d'Histoire, Cholet)