Les fortes chaleurs de ces derniers jours, qui nous ont valu quelques coups de soleil aux Journées de la Mémoire, sont l'occasion de ressortir une petite pièce d'archives amusante, rédigée en marge du registre d'état civil de Chauché (85) pour l'an XI.

Est-ce le maire de la commune, Jean-Marie Cailteau, qui s'est laissé aller à ces vers bucoliques ?
Voici donc cette « prose rimaillée » municipale qui nous brosse un tableau étouffant de cet été 1802…
 
CHAUCHE AN 11

De la République française l'an onzième
L'été fut des plus longs, la chaleur extrême
L'ardente canicule, par ses rayons brûlants
Dépouilla la verdure des prairies et des champs,
Du pasteur, en ces jours, la voix fidelle et tendre
Dans les bois, les vallons, partout se fit entendre
Demandant, en pleurant, quelque source d'eau claire
Pour pouvoir abrever son troupeau faible et maigre,
La terre desséchée, força alors les humains
De regretter le bon vieux temps, où jadis le matin
Une rosée lumineuse, humectant la nature,
Conservait aux mortels les fruits de la culture.

Lecteur qui pouvez lire cette prose rimaillée,
Ne considérez en elle, que la simple pensée.

Source : Archives départementales de la Vendée en ligne –> Etat civil de Chauché -> Naissance, Mariages, an XI –> page 1/063

(Note a posteriori : Il a fallu que j'écrive cet article pour que le temps se gâte… Certains vont m'en vouloir…)