La publication du dernier livre de Reynald Secher, la diffusion de l’émission de Franck Ferrand sur France 3, et les deux propositions de loi déposées récemment par MM. Retailleau et Souchet, ont nourri un débat houleux sur la question du génocide vendéen. La contestation de cette réalité historique ne date pourtant pas d’hier…

Le sujet est en fait bien antérieur aux commémorations du Bicentenaire de 1993. Il précède même le livre de Reynald Secher, Le génocide franco-français, qui fit grand bruit lors de sa parution en 1986. On en trouve en effet déjà la mention dans un éditorial de la Revue du Souvenir Vendéen de juin-juillet 1981, assez virulent contre les attaques à l’encontre de la Vendée. Cette riposte visait la partialité de certains périodiques dont l’esprit polémique ne s’est hélas pas dissipé trente ans après.

Souvenir Vendeen Genocide vendeen« Ainsi, pour excuser les massacres de ces quatre années de guerre civile dont fut victime la Vendée, lit-on dans cet éditorial signé par le Souvenir Vendéen, on s’attache à mettre en vedette les soi-disant massacres auxquels se seraient livrés les Vendéens. Par exemple, on veut faire porter à Charette la responsabilité des massacres de Machecoul qui eurent lieu le 11 mars 1793, œuvre d’un fou, alors que Charette n’y arriva que le 14 en fin de journée. On veut prouver malhonnêtement que ce sont les Vendéens qui ont commencé les premiers. »

Le paragraphe suivant est sans équivoque : « On cherche à minimiser le génocide subi par la Vendée, même à l’escamoter, alors que les recensements nous montrent une perte d’au moins un quart de la population, et ceci malgré les naissances survenues entre-temps. »

Le reste de l’éditorial met en garde contre les historiens qui avancent masqués pour mieux saper l’héritage vendéen « à la lueur des théories marxistes », niant le rôle majeur des persécutions religieuses comme cause du soulèvement de 1793.

Cet avertissement a plus de trente ans, mais il résonne avec la même force pour nous rappeler le devoir de ne jamais trahir la mémoire de nos ancêtres vendéens, ni leur combat pour la liberté de conscience, en veillant constamment à préserver ce que les fondateurs et les présidents du Souvenir Vendéen ont défendu depuis tant d’années.