L’article du 7 septembre 2010 a révélé un bel inventaire des rues vendéennes à Cholet, plus riche encore si l’on y incorpore celles du Puy-Saint-Bonnet, commune associée. On peut toutefois l’étoffer davantage en fouillant un peu dans les archives municipales.

Place du Bicentenaire de 1793Dans un article publié dans le Bulletin de la S.L.A. de 1948-1949, intitulé « En rêvant devant les plaques de nos rues », le Docteur Charles Coubard se désolait : « Dans cette guerre, que chez nous on a toujours appelée et que l’on continue d’appeler la Grand’Guerre, il n’y a pas eu que les Bleus… Or, où sont, à Cholet, les rues Cathelineau, Bonchamps, La Roche-jaquelein ? » Car à cette époque, comme le fait remarquer le fondateur du Souvenir Vendéen, les chefs républicains étaient largement représentés, Hoche, Travot, Marceau, Kléber, Lamarque, et même l’incapable Léchelle, tandis qu’aucune rue ne portait le nom d’un Blanc.

Cette anomalie sera corrigée quelques années plus tard, certainement grâce à l’action du Docteur Coubard, et l’on finit par attribuer les noms de Cathelineau, Bonchamps, La Rochejaquelein, d’Elbée, Lescure et Stofflet à des rues donnant pour l’essentiel sur l’avenue de la Libération (un beau symbole !).

Et pourtant Cholet connut une époque – la Restauration – où les généraux vendéens, et plus largement tous les noms d’inspiration royaliste, peuplaient ses rues. Le Conseil municipal de la ville en définit la nomenclature le 30 décembre 1816. En voici le florilège :

Les rues royalistes de Cholet(Cliquez sur la carte pour l'agrandir)

Place des Vendéens (devenu le Champ de Foire en 1833, aujourd’hui occupé par l’hôtel de ville)
Rue de La Rochejaquelein (actuelle rue du Puits-Gourdon)
Rue de Lescure (actuelle rue de la Porte-Baron)
Rue de Bonchamps (inchangée aujourd’hui)
 
Place Louis XVI (actuelle place Créac’h-Ferrari)

Place Antoinette (actuelle place Guérineau)

Place Louis XVII (actuelle place Saint-Pierre)
Rue Royale (actuelle rue Nationale)
Rue Bourbon (actuelle rue Jean Jaurès)
Rue de Monsieur (actuelle rue des Bourgniers)
Rue de Madame (chemin de Grangeard)

Rue Saint-Louis (rue des Brosses, devenue rue Pedro Portugal)
Rue d’Angoulême (actuelle rue de Rambourg)
Rue Condé (actuelle rue Lamarque)
Rue de Berry (actuelle rue de Pineau)
Rue de la Fidélité (ancienne voie entre le pont et le chemin de Grangeard)
Rue Henri IV (actuelle rue du Bourg-Baudry)

Un Conseil municipal tenu sous la Monarchie de Juillet le 8 novembre 1833 abolit toutes ces appellations par trop légitimistes, préférant honorer des généraux républicains. Certains d’entre eux ont d’ailleurs migré. La rue de Hoche, par exemple, désigna de 1833 à 1858, l’actuelle avenue Foch, avant de se retrouver dans le centre, non loin de la place Travot. La rue de Léchelle – un général républicain qui brilla par son incompétence – a supplanté la rue Bourbon en 1833. Mais les Choletais la déformèrent en « l’Echelle » en raison de la raideur de sa pente. Cette voie prit finalement le nom de Jean Jaurès dès 1914.

Derniers absents, Savary et Moulin sont mentionnés par le Docteur Coubard, bien que les archives municipales n’en gardent pas la trace. Citons enfin un carrefour Haxo, qui se trouvait à l’intersection des rues Nationale, du Devau et du Commerce. Déjà en tête de l’inventaire, Cholet est désormais imbattable.

Articles connexes :
Inventaire des rues vendéennes : Cholet
Inventaire des rues vendéennes : Le Puy-Saint-Bonnet