En quittant Yzernay pour se rendre au Cimetière des Martyrs, on rencontre à la sortie du bourg une petite chapelle joliment restaurée, la chapelle de la Musse. Souvent fermée, malheureusement, elle a servi d'enfeu à plusieurs membres de la famille Vandangeon, contemporains des Guerres de Vendée.

La Chapelle de la Musse
Une première chapelle avaient été édifiée en 1820 par Perrine Vandangeon, au bord de la route de Somloire, pour accueillir les sépultures des membres de sa famille, notamment de son frère, le célèbre Jacques le Sabreur. L'édifice tombait en ruines lorsqu'on décida en 1933 de recueillir les ossements dans un coffret de bois, puis de les déposer sous l'autel de la chapelle de la Musse.

Paul VandangeonCette dernière avait été bâtie en 1867 par l'abbé Joseph Chiron, un des neveux de Jacques le Sabreur, sur les terres de la ferme familiale de la Musse. On y retrouve six belles pierres tombales gravées dans le granit, placées verticalement sur les murs. Elles portent les noms du frère et de deux sœurs de Jacques, ainsi que des membres de leurs familles :

Paul (1778-1853), sa femme Félicité Prisset (1791-1846) et leur fille Marie (1810-1862). Paul n'avait que 15 ans en 1793, lorsqu'il tua un officier républicain. Il s'empara de son cheval et courut rejoindre Charette. Celui-ci félicita le garçon pour son courage et l'admit dans son armée.
Thérèse (1776-1850), son mari Pierre Chiron (1767-1835) et leur fille Flavie (1807-1863). Après sa capture par les républicains en 1793, Pierre Chiron fut emprisonné à Saumur jusqu'à la fin de l'année 1794.
Perrine (1767-1845) et son mari, Pierre Mérand (1767-1829).

Un écriteau à droite de l'autel mentionne d'autres parents, parmi lesquels, bien évidemment, Jacques le Sabreur et sa femme, Françoise Morin.

Interieur de la Chapelle de la MusseJacques (1769-1849) n'a, en effet, pas de dalle gravée à son nom. Il n'en demeure pas moins le plus illustre des Vandangeon d'Yzernay. Engagé dans l'insurrection dès les premiers jours, il fut choisi comme capitaine de sa paroisse qu'il rallia à Cathelineau. Il participa aux campagnes de 1793, en particulier à la seconde bataille de Fontenay-le-Comte (25 mai) qui le vit libérer les prisonniers vendéens et courir à la poursuite du fameux canon, la Marie-Jeanne. C'est à cette occasion qu'il reçut son surnom de Sabreur. On le croise à nouveau à Saumur (9 juin), à Nantes (29 juin), à Luçon (14 août), au Pont-Barré et à Torfou (19 septembre, deux batailles en un jour), et à Cholet (17 octobre). Entraîné outre Loire dans la Virée de Galerne, il fut de ceux qui prirent le Mont Saint-Michel, fait unique dans l'Histoire de France. Il échappa au désastre de Savenay, le 23 décembre, en se cachant d'abord en pays chouan, puis en entrant dans la Marine grâce au soutien de parents républicains. Après mille péripéties en mer, il finit par déserter en 1797 pour rentrer au pays où il s'établit comme boulanger. Sa carrière ne s'acheva pas là, puisqu'il reprit les armes lors de la guerre de 1799, puis à nouveau en 1815. Enfin comblé par le retour des Bourbons, il vécut ses dernières années en paix dans son village d'Yzernay.

Le docteur Robert Hy a écrit sa biographie, Jacques le Sabreur, 1769-1849, parue aux Editions du Choletais en 1986.

Illustrations : la chapelle de la Musse ; la dalle funéraire de Paul Vandangeon, jeune frère de Jacques le Sabreur ; l'intérieur de la chapelle.