Ça n'aura pas traîné… Quelques mois auront suffi pour jeter à terre une bâtisse historique de Saint-Laurent-sur-Sèvre, sans semer de grand trouble pour s'y opposer. Voici les dernières images d'une part de l'héritage montfortain qu'une pelleteuse a réduite en poussière cette semaine…

Maison Supiot 1

Maison Supiot

Maison Supiot 2
Et pour ne pas laisser ces vieux murs disparaître totalement des mémoires, un petit historique s'impose ici :

La Maison Supiot doit son nom au Père Supiot, qui dirigeait pendant la tourmente révolutionnaire ce qu’il restait des communautés montfortaines. Constamment traqué par les républicains, il sortit de cette épreuve épuisé par les privations et par l’âge.

Désireux de restaurer la mission éducatrice des héritiers de Montfort, le Père Supiot acheta en 1797 une maison appelée la Merlauderie, avec ses dépendances, pour y établir un pensionnat. C’est cette maison qui porte aujourd’hui son nom. On lit dans l’Histoire du Pensionnat Saint-Gabriel que le Père Supiot l’aurait lui-même fait construire avant la Révolution.

Maison SupiotVue de la Maison Supiot et de sa chapelle, côté cour
(source : Histoire du Pensionnat Saint-Gabriel, p.19).
On distingue à l'arrière-plan la basilique du Père de Montfort.

Confisqué par les autorités républicaines, le bâtiment fut restitué en 1805 aux Sœurs de la Sagesse, qui administrèrent ce pensionnat. Celui-ci fut remplacé en 1822 par un collège ecclésiastique destiné à la formation des futurs prêtres et des missionnaires. On trouve à l’origine de cette initiative le Père Gabriel Deshayes, un prêtre breton appelé par le Père Dechesne, qui avait pris le relais du Père Supiot, pour donner un souffle nouveau aux œuvres montfortaines.

La révolution de 1830, qui mit en état de siège la Vendée fidèle à la cause légitimiste, affecta le pensionnat. Un hôpital destiné aux troupes cantonnées dans la région y fut installé jusqu’en 1834.

La Maison Supiot fut alors rachetée aux Sœurs de la Sagesse à la fin de cette année pour y fonder le premier Pensionnat Saint-Gabriel. S’il est vrai que l’établissement s’est considérablement développé sur une autre perspective, autour de la cour d’honneur et de la chapelle, la perte de ce noyau originel est irréparable non seulement pour l’héritage montfortain, mais aussi pour le patrimoine vendéen.

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