Avant d'entrer dans Bressuire, en arrivant de Mauléon, on aperçoit à droite de la route, dressé au bord d'un terrain vague, un vieux mur délabré sur lequel a été peinte une inscription : « 1793 article 35 ». La plupart des automobilistes doivent bien s'en demander l'explication, elle qui devrait être sue et méditée par tout bon citoyen français.

1793 article 35
Bien que je n'en sois pas l'auteur (si, si, je vous assure), ce message crypté m'a sauté au yeux. « 1793 », entendez par-là cette fameuse Constitution de l'an I, promulguée le 24 juin 1793, dont la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen forme le préambule en 35 articles. Et précisément, c'est bien le 35e de ces articles qui nous interpelle ici : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » Cette phrase (toujours d'actualité…) suffit à elle seule à expliquer et surtout à légitimer l'insurrection vendéenne qui éclata en premier lieu sur ces terres bressuiraises, du 19 au 24 août 1792, il y a tout juste 220 ans.