La statue équestre de Napoléon est si intimement attachée à l'image de La Roche-sur-Yon qu'on en oublie que l'empereur a détrôné un général républicain, Jean-Pierre Travot, dont le monument, inauguré en 1838, ne durera guère plus d'un siècle.

Statue de TravotLa statue de Travot, devant les anciennes halles.
L'inscription semble bien dégradée, par rapport à la photo ci-dessous.

Né à Poligny dans le Jura le 7 janvier 1767, Jean-Pierre Travot fit une grande partie de sa carrière militaire en Vendée, non seulement au cours de la Grande Guerre de 1793-1796, mais aussi, après un passage en Espagne, lors du soulèvement de 1815. Considéré comme le « Pacificateur de la Vendée », après sa capture du général Charette, il fut choisi à ce titre, deux ans après sa mort le 7 janvier 1836, comme sujet d'un monument élevé sur la place d'armes de la Roche-sur-Yon. La statue fut réalisée par Hippolyte Maindron, artiste originaire Champtoceaux, petite commune des Mauges.

Travot pacificateur de la VendeeMalheureusement Travot dut céder la place à Napoléon en 1854, à la faveur du nouveau régime impérial. La préfecture de la Vendée avait elle-même retrouvé le nom de l'empereur depuis 1848. Le vainqueur de Charette se retrouva ainsi sur la place du Marché, devant les halles. Il y restera 88 ans, vaincu à son tour par les Allemands qui le déboulonnèrent, le 19 janvier 1942, pour finir comme tant d'œuvres de bronze, dans les fonderies du IIIe Reich.