Le journal Ouest-France a mis en ligne le lundi 6 août 2012 un article sur les massacres perpétrés sous la Terreur au Puiset-Doré et dans la forêt de Leppo, évoquant parmi les faits historiques avérés un émouvant récit transmis localement de génération en génération.

Le Puiset Dore plaque du Souvenir Vendeen
C'est un petit monument, une croix sur un socle qu'on peut voir dans le milieu du bois de Leppo, au bord de la route de Montrevault. Ce monument, installé par le Souvenir vendéen en 1983, témoigne des heures sombres de la Guerre de Vendée, au début de l'année 1794. Les grandes batailles sont terminées, place à la répression avec les Colonnes infernales. Un nom très parlant dont le but était de ravager par le feu et la baïonnette la Vendée militaire pour supprimer toute résistance.

C'est ainsi, qu'en février, une trentaine de personnes sont massacrées dans le bourg du Puiset. Alors des habitants se disent qu'en allant dans le bois de Leppo, ce serait un bon refuge. Le 12 mars, des soldats mettent le feu dans ce bois sur la route de Montrevault. Ceux qui s'y étaient réfugiés s'en vont donc du côté de la route de Villeneuve. Mais d'autres soldats les y attendaient. Cinquante-six personnes, dont des enfants de deux ans, y sont massacrées.

Parfois il peut y avoir un rayon de soleil dans ces histoires de massacre. C'était une Colonne infernale qui passait un matin du côté du Doré. Les soldats faisaient grand bruit. Dans un village, on les entend. Vite, il faut fuir, mais pas de bois à l'horizon, alors on se réfugie derrière des buissons à proximité du passage des soldats. Soudain un jeune enfant se met à pleurer. Sa mère n'a rien à lui donner à boire. Le faire taire en lui mettant la main sur la bouche, elle ne veut pas, pour éviter l'asphyxie. Alors sa mère ôte l'un de ses sabots, se met à faire pipi dedans. Puis elle porte le sabot à la bouche de son bébé. Tout surpris, il s'arrête de pleurer. Pendant ce temps, les soldats passent sans s'apercevoir de quoi que ce soit.

Cette histoire, on ne la trouve dans aucun livre. Ce sont les descendants de ce bébé qui se racontent de génération en génération l'histoire d'un sabot qui aurait sauvé la vie de plusieurs personnes !

Source : Ouest-France, édition de Cholet, 6 juin 2012 (lien sur l'image)