Les 2 et 3 septembre 1792, excitées par des meneurs comme Marat qui crient aux complots contre-révolutionnaires, des bandes de sans-culottes parisiens envahissent les prisons de la capitale, massacrant des milliers de prisonniers, des nobles, des prêtres réfractaires mais aussi des citoyens ordinaires. 

Le site L'Histoire par l'Image présente une galerie de trois dessins à l'encre noire, extraits des collections du Louvre, illustrant plusieurs scènes de ces massacres dans les prisons de l'Abbaye, de la Salpêtrière, de Bicêtre et du Châtelet. En voici la description :

Les Massacres de Septembre 1
Le premier des trois dessins (ci-dessus) représente le lieu d’où sont partis ces massacres : la prison de l’Abbaye, ainsi nommée car elle a longtemps dépendu de l’abbaye. Le 2 septembre, au milieu de l’après-midi, des prisonniers arrêtés le 10 août sont transférés, sur l’ordre du Comité de surveillance créé par la Commune insurrectionnelle de Paris, à l’abbaye où les attend un groupe de sans-culottes. Armés de gourdins, de haches, de sabres et de piques, ils sont mis à mort sans jugement. Au premier plan gisent les cadavres amoncelés. Visible à gauche, la garde nationale laisse faire.

Les Massacres de Septembre 2
Le deuxième dessin (ci-dessus) représente les massacres perpétrés à l’hôpital-prison de la Salpêtrière le 3 septembre 1792. Dans cet établissement sont détenues 186 femmes, essentiellement des prostituées et des femmes adultères. Sur l’ordre de deux commissaires de la section du Finistère, les prisonnières sont extraites de leurs cellules. Au centre de l’image, un commissaire lit le registre d’écrou pendant que des sans-culottes armés de haches, de masses et de gourdins exterminent les malheureuses. Au premier plan, deux hommes fouillent les cadavres pour saisir les biens éventuels qui seront remis à la section. Les corps seront ensuite inhumés dans le cimetière de l’hôpital.

Les Massacres de Septembre 3
Le dernier document (ci-dessus) figure deux autres sites où ont eu lieu des massacres de prisonniers. Le dessin de gauche représente les exécutions sommaires perpétrées le 3 septembre à l’hôpital de Bicêtre, lieu où l’on enferme alors les aliénés et où maîtres et parents placent « en correction » les adolescents récalcitrants. À une fenêtre grillagée apparaît une tête plantée au bout d’une pique. L’autre scène a pour arrière-plan les tours et les hautes murailles du Châtelet. Extraits de leur geôle, les détenus sont livrés à la fureur meurtrière des « septembriseurs », là encore sans que la garde nationale intervienne.

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