Le registre paroissial de Chauché révèle dans ses dernières pages, pour l'année 1792, une note à moitié gribouillée qui trahit bien l’état d’esprit délétère régnant en Vendée à cette époque.

Cette note rapporte un événement lié aux conséquences de la Constitution civile du clergé, à savoir la suppression des édifices religieux superflus. Il était alors établi qu’il ne devait se trouver qu’une église par paroisse. En voici le texte :

Chauche chapelle Begouin 1792
« Dans le mois de septembre, mil sept cent quatre vingt douze, l’on a démoli la chapelle Bégouin, située au village de la Chapelle, en cette paroisse, l’on dit que c’était autrefois l’église paroissiale de Chauché. »

La Chapelle de Chauché constituait en effet jadis une paroisse.

Le document est signé par Pierre Charbonnel, curé assermenté de Chauché, dont le titre a été raturé pour être remplacé par celui d’ « intrus », lui-même biffé à son tour. Les ecclésiastiques ayant prêté le serment constitutionnel, mal acceptés par la plupart des paysans du Bocage, étaient surnommés par eux « intrus » ou « jureur ». Beaucoup de leurs paroissiens refusaient d’assister aux offices, ni de recevoir de sacrements de leurs mains, chassant les derniers prêtres assermentés lors de l’insurrection de mars 1793.

Cette note dans le registre paroissial constitue une trace manifeste des querelles qui opposaient les partisans et les adversaires de la Révolution. Une mention en marge en témoigne encore : « Cette démolition fut demandée par le parti républicain de la paroisse, au district de Montaigu, qui l’accorda au grand regret des catholiques romains. »

Une dernière inscription au bas de la note a malheureusement été rendue illisible. Elle nous en aurait peut-être appris davantage.

Source : Archives départementales de la Vendée en ligne -> Etat civil de Chauché -> Registre paroissial 1791-1792 -> p.22/22.