La vente organisée mercredi dernier à l’Hôtel Drouot a amplement dépassé les estimations du catalogue. Elle les a même pulvérisées pour les lots les plus attendus, comme cette paire de souliers de la reine, adjugée à 50.000 euros !

Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour voir les enchères décoller en flèche dès les premiers lots relatifs à la Famille royale. La salle est comble lorsque paraît le fameux n°20, la paire de souliers de soie verte à bandes roses, ayant appartenu à Marie-Antoinette. Cet objet délicat fut remis par la souveraine à Alexandre-Bernard Ju des Rets (1752-1837), gentilhomme à son service à Versailles pendant l'année 1775.

Hotel Drouot 17 octobre 2012Lancé à 8.000 euros, le prix s’envole aussitôt. Passé 20.000, puis 30.000, deux enchérisseurs rivalisent à distance, par téléphone interposé. Le public assiste dans un silence religieux à cette passe d’armes de mille euros en mille euros, franchissant tout en retenue le plafond des 40.000. Quelques milliers euros plus tard, le rythme ralentit imperceptiblement. 49.000 euros… Echange de regards. Nouvelle enchère, la dernière : 50.000 euros (soit 62.460 euros avec les frais). Abandon du challenger. Le marteau du commissaire tombe sèchement. Adjugé ! Murmures dans la salle, tandis qu’au fond, une voix discrète soupire un « Vive la reine ! »

Parmi les autres lots remarquables, et remarqués, un petit fragment de la dernière robe portée par Marie-Antoinette avant sa captivité part au double de son estimation, 6.121 euros (avec frais) ; et un manchon porté par la souveraine à la prison du Temple, à 6.870 euros (avec frais) pour une estimation de départ de 2.000 à 2.500 euros.

Un assignat de 500 livres orné d’un portrait de Louis XVII est emporté pour plus de 3.100 euros (avec frais). Quant au médaillon à l’effigie de l’abbé Bernier, pièce plus modeste, celui-ci atteint à peine les 170 euros (avec frais).