La carrière du long métrage de Dean Wright sur la Guerre des Cristeros a été entravée dès l’annonce de sa sortie en avril dernier. Inutile de l’attendre en France, le film est tombé d’emblée dans la liste noire des distributeurs.

CristiadaCe n’est pas la première fois que le cinéma d’inspiration catholique est sciemment torpillé. Souvenons-nous de l’excellent Katyn d’Andrzej Wajda ou encore de La Passion du Christ de Mel Gibson, miraculeusement réchappé du boycott officiel grâce au soutien d’un producteur tunisien moins obtus que ses homologues français.

Ces derniers se sont à présent appliqués à liquider le film Cristiada qui nous entraîne – ou plutôt qui aurait dû nous entraîner – au temps de la Guerre des Cristeros. Cet épisode de l’histoire du Mexique, peu connu chez nous, désigne le soulèvement qui embrasa une partie de ce pays entre 1926 et 1929, pour la défense de l’Eglise au nom du Christ-Roi. Cette révolte éclata en réaction à la politique violemment anticatholique du président Plutarco Elías Calles, amorcée depuis la révolution mexicaine (1910-1920).

La fermeture des lieux de culte fut à l’origine de l’insurrection de plusieurs paroisses dans les régions rurales principalement du centre du pays. L’armée fédérale intervint, prenant d’assaut les églises où s’étaient enfermés les Cristeros, comme à Guadalajara en août 1926, luttant contre la guérilla qui s’était répandue dans les montagnes. Elle fut cependant tenue en échec pendant trois ans. En représailles, elle s’attaqua à la population des régions en rébellion, déplacée vers les villes pour priver la révolte de son soutien. Cette répression fit environ 90.000 victimes. Le clergé catholique paya lui aussi un lourd tribut à cette guerre qui le décima littéralement. Les négociations entre Rome et le gouvernement mexicain aboutirent finalement, le 27 juin 1929, à un accord qui isola les Cristeros, dont un grand nombre émigra vers la Californie.

Le cinéma s’est rarement inspiré de cette histoire, si ce n’est John Ford pour The Fugitive, en français Dieu est mort, sorti en 1947, ou le plus confidentiel Los últimos Cristeros, film mexicain de Matías Meyer, sorti en 2011. Cristiada aurait donc pu nous la faire découvrir, et qui mieux est, dans une production à grand spectacle, avec Andy Garcia, Eva Longoria et Peter O’Toole dans les rôles principaux. A moins d’une mobilisation du public, comme ce fut le cas pour La Passion du Christ, il y a hélas peu de chance de voir ce film sur nos grands écrans. On devra se contenter pour l’heure de la bande annonce, dont les images donnent, par bien des aspects de cette révolte, un écho particulier dans la mémoire vendéenne.

Illustration : Jaquette du DVD sorti au Etats-Unis sous le titre For Greater Glory.

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