A l'occasion du 255e anniversaire de la naissance de Jean Cottereau, Ouest-France a publié dans son édition de Laval une notice biographique sur celui qui a donné son nom aux Chouans.

AB Jean CottereauActe de baptême de Jean Cottereau
« Aujourd'hui, trente un d'octobre mil sept cent cinquante sept a été baptisé par nous vicaire de cette paroisse soussigné, Jean né du jour d'hier, fils issu du légitime mariage de Pierre Cotereau sabottier et de Jeanne Moyne son épouse, etc. »

Ce personnage est la figure historique locale la plus importante. Il a laissé à la postérité le mot chouannerie, mouvement insurrectionnel et royaliste durant la Révolution. « On appelait ces recrues la Petite Vendée. On les reconnaissait à leurs habillements noirs, ou en peau de chèvre, le poil en dehors. Ils portaient les cheveux très longs sur les épaules. » C'est ce qu'écrit, à propos des Chouans, la marquise de La Rochejaquelein, femme d'un des principaux chefs vendéens pendant la Révolution française.

Jean ChouanEn 1792, la chouannerie se met en place dans une France tourmentée. Les pouvoirs du roi, jadis monarque absolu, faiblissent lourdement. La monarchie est devenue constitutionnelle. Louis XVI sera même guillotiné, l'année suivante. Les Chouans prônent le retour de la monarchie. Ils ne supportent pas non plus la mise à mal des prêtres depuis l'adoption de la Constitution civile du clergé.

En Mayenne, la contestation existe. L'un de leurs chefs est Antoine-Philippe de la Trémoille, seigneur de Laval. Pourtant, une figure retient toujours l'attention. Celle de Jean Chouan, né Jean Cottereau, en 1757, dans la forêt de Concise. Malgré tout, son rôle reste modeste dans l'insurrection.

Il est couvreur de métier, mais devient surtout faux-saunier. Avec ses frères, il met en place des trafics de contrebande de sel, moins cher en Bretagne qu'ailleurs. Le surnom de chouan vient de ces trafics. Pour s'avertir et se reconnaître, les contrebandiers utilisaient le cri du chat-huant. D'où ce nom.

Il est aussi surnommé, le gars mentoux, le gars menteur, en patois mayennais. Dans les années 1780, il est déjà allé en prison. Notamment pour des faits de violence. Il a 32 ans, en 1789, lorsque la Révolution éclate. Difficile de retracer avec précision sa vie. D'où les nombreuses légendes et les on-dit autour de son personnage.

En 1792, l'armée recrute et Cottereau fait partie des opposants au nouveau curé qui a prêté serment à la République. Deux raisons qui le poussent à entrer en résistance. En août 1792, des heurts éclatent à Saint-Ouen-des-Toits. Parmi les émeutiers, Jean Chouan est celui qui crie et qui frappe le plus fort. Il devient ainsi le chef local de la contestation. Il constitue une bande, et vit caché. Le mois suivant, il tend une embuscade à des gardes nationaux, à La Baconnière et à Andouillé. Puis il part en Bretagne, noue des contacts avec d'autres chefs, et avec les émigrés. C'est-à-dire les royalistes exilés à l'étranger.

Recherché, il tente de gagner l'Angleterre. Sans succès. En octobre 1793, il rejoint l'armée de Vendée à Laval. Les Chouans remportent la bataille d'Entrammes. Ils en perdent une autre au Mans, deux mois plus tard. Au mois de mai, l'année suivante, il se joint à l'insurrection royaliste du Bas-Maine. Finalement, Jean Chouan meurt en juillet 1794, tué dans une énième escarmouche, à Olivet. La Trémoille sera guillotiné. Le mouvement réprimé dans le sang.

Aujourd'hui, Jean Chouan n'a pas été oublié. Par exemple, un Musée de la chouannerie existe à Saint-Ouen-des-Toits. Mais des questions, autour de ce personnage, sont restées en suspens. Qui était-il réellement ? Un royaliste convaincu, désireux de redonner un roi à la France, ou plus simplement un opportuniste ?

Sources :
– Article de Valentin Gendrot paru dans Ouest-France, édition de Laval, lundi 29 octobre 2012.
Archives de la Mayenne en ligne -> état civil –> registres paroissiaux et d'état civil -> Saint-Berthevin-lès-Laval -> année 1757, pp. 197-198/313