La vallée de la Boulogne tient une place de premier plan dans l’histoire des Guerres de Vendée. Aprement disputée entre Blancs et Bleus, elle fut le théâtre de nombreux combats et d'affreux massacres, notamment à Saint-Colomban, où le Pont-James constituait un point de passage stratégique.

Souvenir Vendeen Saint ColombanPlaque du Souvenir Vendéen sur la façade de l'église
(Saint-Colomban portait autrefois le nom de Saint-Colombin)

Charette y a remporté deux victoires en 1793, les 7 mai et 26 décembre, mais l’Histoire a surtout conservé le souvenir de la bataille du 10 février 1794. Ce jour-là, le général vendéen se heurte à Pont-James à la colonne infernale de Duquesnoy, venue de Legé, et, après une heure de combat, se voit repoussé au-delà de la Boulogne. Joly et Savin, qui le soutenaient dans cette opération, tentent une contre-attaque, mais finissent à leur tour par battre en retraite vers Montbert, tandis que Charette évacue vers La Grolle, près de Rocheservière.

Rue Charette Saint ColombanCependant Duquesnoy ne poursuit pas les Vendéens. Le général républicain garde à l’esprit les ordres transmis par Turreau : « Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas… Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement, tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes… » Saint-Colomban et Pont-James, repaires de « brigands », ne sauraient se soustraire à l’exécution de cet ordre validé au plus haut niveau de l’Etat.

Rue Abbe Pelletier Saint ColombanLes soldats de Duquesnoy se jettent aussitôt sur le bourg et les hameaux alentour. En quelques heures les lueurs des incendies embrasent l’horizon du bocage. Des centaines de personnes sont impitoyablement massacrées. « Un ruisseau de sang coulait à la porte de l’église », lit-on dans le registre des délibérations de la paroisse. Les Bleus sévissent le même jour jusqu’à La Limouzinière, où d'autres malheureux habitants, dont beaucoup de femmes et d’enfants, s’ajoutent au nombre de leurs victimes. En leur mémoire, le Souvenir vendéen a posé une plaque commémorative, inaugurée le 24 août 1947 sur la façade du clocher de Saint-Colomban.

Deux plaques de rues vendéennes évoquent cette histoire : l’une à Pont-James est dédiée à Charette, l’autre devant l'église de Saint-Colomban à l’abbé Pelletier, qui assurait son ministère dans la clandestinité, comme les quelques réfractaires encore présents au milieu de leurs ouailles en cette époque troublée.

Ces plaques sont ajoutées à l'Album photos des rues vendéennes.