Ne me lassant pas d’écouter l’exposé par lequel Philippe de Villiers nous a entraînés sur les pas de Charette, je ne résiste pas au plaisir de livrer un court aperçu de ce souffle épique qui nous a magnétisés pendant plus d’une heure. Un instant intense marquant l’entrée en guerre du Roi de la Vendée…

Philippe de Villiers Reynald SecherUne salle comble ! (photo Alain-Jean Rousseau)

« Ce n’est pas la pauvreté, ni l’envie, ni la faim, ni même l’espoir, qui ont jeté sur les routes de Vendée ces humbles chefs de familles ; c’est une insondable détresse. On ne sait pas où l’on va, il n’y a pas de but de guerre, le ciel s’est déchiré, le monde a basculé, la foudre est tombée…

« Alors jaillit des entrailles de la terre, jaillit du sillon la sommation vitale d’un petit peuple qui quitte le pignon de la ferme, parce que les nouvelles autorités ont touché la maison en son cœur, là où repose en paix sous la poutre maîtresse la petite demeure invisible, immémoriale, inviolable, où se nouent la coutume, la parole, les visages oubliés, là où se loge un trésor sacré, plus sacré encore que la vie, les croyances ancestrales, aujourd’hui culbutées, piétinées, souillées. Plutôt la mort que la souillure !

« Et c’est ainsi qu’on voit face à face les gourdes armoriées, les officiers d’Ancien régime, et la vraie noblesse paysanne, avec les vessies de gorets dont on fait des veuzes, et qui envoient la musique de Robert Bruce pour la liberté des Vendéens. »

Difficile de rallumer la télé après ça…