Parmi les protestations éructées après la rediffusion de l’émission de Franck Ferrand, L’ombre d’un doute, celle émanant du Front de gauche donne la mesure de la fièvre qui s’est emparée des esprits.

Robespierre genocide vendeen
Une longue protestation signée de MM. Mélenchon et Corbière et publiée sur le blog de ce dernier le 30 janvier dernier, se défoule à l’envi contre le magazine historique, coupable d’une troisième rediffusion de l’épisode Robespierre, bourreau de la Vendée. Beaucoup de mots pour peu d’idées : « propagande grossière, approximations et affirmations péremptoires, légende noire antirobespierriste de l’extrême-droite monarchiste », sans oublier le recours aux « meilleurs spécialistes de la Révolution française », dûment estampillés par la société des études robespierristes, comme l’impose le dogme.

Les deux compères se risquent-ils sur le terrain de l’Histoire, qu’ils se discréditent. Pour dégager toute responsabilité personnelle de Robespierre dans les massacres commis en Vendée, ceux-ci déclarent que la guerre civile s’est prolongée jusqu’en 1795 alors que leur idole avait été étêtée le 28 juillet 1794. Le raisonnement ne tient pas la route puisque les massacres en question ont été perpétrés en masse à partir de septembre 1793 pour se prolonger jusqu’à l’été 1794, autrement dit précisément pendant la période au cours de laquelle Robespierre siège au Comité de Salut public.

Probablement conscients de leurs lacunes en la matière, les deux acolytes préfèrent s’en tenir à leur principale attaque, celle du blasphème : « Nous protestons avec force car c’est la Révolution française elle-même qui est calomniée au cours de cette émission. » On en a guillotiné pour moins que ça… Et l’idée qu’un journaliste, en l’occurrence d’une radio publique, France Inter, se permette de plaisanter avec leur indignation les révulse. Le citoyen Corbière s’en offusque sur son blog le 31 janvier, article dans lequel il n’oublie pas de glisser une publicité pour son livre. Il n’y a pas de petits profits.

Toujours saisi de palpitations, le même personnage revient à la charge le 1er février contre Franck Ferrand qui n’a pas daigné répondre au courrier du citoyen Mélenchon, car « il ne contient pas d'attaque concrète. C'est une critique générale mais il n'y a aucune précision sur une éventuelle erreur. » La réponse n’a pourtant pas manqué de susciter un nouveau mouvement d’humeur étayé par le même appel aux gardiens du temple dont l’article évoqué ici n’apporte aucun crédit sérieux à toute cette montée de sang.

Mise à jour – Le président de Francetélévisions a répondu aux vociférations de MM. Mélenchon et Corbière par une lettre bien sentie datée du 11 février 2013 :

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