Charles Vincent Barbedette, le fameux curé « Grands Bots » des Lucs-sur-Boulogne, s’est éteint à Ernée le 1er octobre 1813. Pour célébrer cette haute figure des Guerres de Vendée, sa commune natale de Saint-Brice-de-Landelles, dans la Manche, a convié les habitants des Lucs à une rencontre placée sous le signe de l’Histoire et de la Mémoire. Le journal Ouest-France en a rendu compte dans deux articles.

Lundi 30 septembre 2013

Les Lucs sur Boulogne Abbe Barbedette 1À la sortie de l'office, la délégation vendéenne
avec à sa tête Roger Gaborieau, maire, et les Briçois
(lien vers l'article de Ouest-France en cliquant sur l'image)

Samedi, les habitants de la commune ont accueilli des Vendéens de Lucs-sur-Boulogne, à l'occasion d'une journée rencontre chargée d'histoire et de mémoire. Ensemble, ils ont commémoré le bicentenaire de la mort de Charles-Vincent Barbedette, décédé le 1er octobre 1813, à Ernée (Mayenne). « Ce personnage d'exception né le 25 septembre 1742, au village des Guillaumais en Saint-Brice-de-Landelles, rassemble nos deux collectivités et paroisses », souligne Emilien Bertin.

« Pendant qu'il fut curé du Grand-Luc, l'abbé Barbedette fit preuve d'un comportement héroïque de courage et de foi qui a profondément marqué sa paroisse et tout le pays des Lucs. Il a vécu les tristes événements de la Révolution, la Terreur, particulièrement lors du passage des colonnes infernales et le massacre des 564 personnes dont 110 enfants de son pays le 28 février 1794. C'est lui qui comptabilisa les victimes dans le précieux registre, conservé jusqu'à ce jour. »

La première rencontre des deux communes remonte au 2 octobre 1999, samedi, il s'agissait de la septième. En matinée, les pères Guy Bonnin curé des Lucs-sur-Boulogne et Pierre Pestour et Louis Boeda, prêtres locaux ont célébré une messe. Une plaque commémorative a été placée dans l'église et la rue Charles-Vincent-Barbedette a été inaugurée.

Les associations Lucus, les Beucqots, les Z'Amirolès ainsi que la chorale Mon village s'anime et ses musiciens ont participé à la fête. Elle s'est achevée en après-midi par la visite de la maison natale de l'abbé Barbedette.

Mardi 1er octobre 2013

Les Lucs sur Boulogne Abbe Barbedette 2Les Lucquois devant la maison natale de Charles-Vincent Barbedette
(lien vers l'article de Ouest-France en cliquant sur l'image)

Le 1er octobre 1813, mourait à l'âge de 71 ans le chapelain de l'hospice d'Ernée, en Mayenne. Ce non-événement serait oublié depuis longtemps si ce décès n'avait été celui du curé Barbedette, l'auteur du Martyrologe des Lucs, un document authentifié et classé aux Monuments historiques qui établit la liste des 564 tués des paroisses du Grand Luc et du Petit Luc, un certain 28 février 1794.

À l'occasion du bicentenaire de cette mort, la commune de Saint-Brice-de-Landelles, où naquit Charles Vincent Barbedette, a invité les habitants des Lucs à une journée rencontre Histoire et Mémoire, samedi. Emmenés par le maire Roger Gaborieau et Guy Bonnin, curé de la paroisse, 41 Lucquois, membres du conseil municipal et des associations Lucus, les Z'amirolés et Les Beucquots d'aux Lucs ont pris le car pour le département de la Manche.

Une journée de retrouvailles pour certains. C'était la quatrième rencontre officielle entre les deux communes, depuis qu'un jour de 1996, Hubert Perrocheau, historien local alors président de Lucus, et qui souhaitait écrire un livre sur le curé Barbedette, prit contact avec Émilien Bertin, maire de Saint-Brice. Ainsi naquit une amitié jamais démentie depuis.

Samedi, la journée a débuté par une messe concélébrée par les prêtres des deux paroisses Louis Boëda et Pierre Pestour pour Saint-Brice, Guy Bonnin et René Majou pour Les Lucs. Deux plaques commémoratives ont été dévoilées, la première dans l'église de Saint-Brice, l'autre pour donner le nom du curé Barbedette à l'une des rues de la commune. Et pour faire retentir l'événement, le petit canon sorti exceptionnellement de la grange du Chef du Pont a tonné, effrayant quelque peu un public médusé qu'un si petit objet fasse tant de bruit !

Les différents discours ont permis d'évoquer ce curé contre-révolutionnaire, aumônier militaire dans l'armée vendéenne, d'un tempérament bien trempé et surnommé affectueusement par ses paroissiens le curé Gands-bôts. Comme l'a rappelé Jean-Bernard Piveteau, actuel président de Lucus, « sans le Martyrologe du curé Barbedette, une partie de la mémoire de ces événements serait aujourd'hui aux oubliettes. » Après l'échange des traditionnels cadeaux, des livres d'histoire comme il se doit, Vendéens et Normands ont partagé le repas avant de visiter la maison natale de Charles-Vincent Barbedette, aujourd'hui dépendance agricole mais toujours propriété des descendants de la famille.

Samedi 12 octobre, le manuscrit du Martyrologe des Lucs sera exposé lors de la Nuit des Vitraux, à l'église des Lucs. Visite gratuite de 20h à minuit, toutes les demi-heures.