François de La Harie a animé hier soir, aux côtés de Mgr Michel Bonnet, curé de Saint-Donatien de Nantes, une conférence autour de l'abbé Yves Coat, le desservant de la paroisse à l'époque de la Révolution, noyé en Loire il y a 220 ans. La vie de ce prêtre exemplaire et son martyre ont inspiré un projet de vitrail commémoratif dont le conférencier s'est fait l'ardent défenseur. 

Yves Coat Saint Donatien
François de La Harie

Ce n'est pas le premier exposé que François de La Harie organise depuis qu'il a lancé cette idée de vitrail en octobre dernier. Passionné par son sujet et désireux de le partager avec le plus grand nombre, il défend avec conviction un devoir de mémoire à l'égard de l'abbé Yves Coat et, à travers lui, de tous les martyrs de la Foi. Il a ainsi présenté, deux heures durant, la vie de ce prêtre, étayée des nombreux documents qu'il a découverts. Il a même poussé la curiosité en commandant deux études graphologiques, très révélatrices de la personnalité du curé de Saint-Donatien.

En évoquant le refus du serment schismatique en 1791, François de La Harie a passé la parole à Mgr Bonnet pour parler plus en détails de la Constitution civile du clergé qui, en voulant réorganiser l'Eglise de France, brisa non seulement l'unité de celle-ci, mais aussi la relative unanimité en faveur de la Révolution. Nombre de prêtres, comme l'abbé Yves Coat, rejetèrent le serment qu'on leur imposait. Et beaucoup de ceux qui ne furent pas déportés à l'étranger le payèrent de leur vie.

Signature Yves Coat
La dernière signature de l'abbé Yves Coat, le 20 mai 1791,
sur le registre paroissial de Saint-Donatien

François de La Harie s'est attardé sur les derniers mois du curé de Saint-Donatien, son arrestation, sa captivité à Saint-Clément, au château, puis au couvent des Carmélites où ses conditions de détention se dégradèrent. Mais le pire l'attendait. Transféré avec d'autres de ses confrères sur la galiote la Gloire, il souffrit de la faim, du froid, de la maladie. Le récit de sa fin tragique dans les flots de la Loire a été emprunté au témoignage de l'abbé Landeau, seul survivant de cette épouvantable noyade.

Les épisodes marquants de la vie de l'abbé Coat ont inspiré la réalisation de la verrière en projet : le refus du serment en 1791, l'arrestation du prêtre en 1792, son incarcération dans des conditions inhumaines et la noyade dans la nuit du 16 au 17 novembre 1793, le tout surmonté d'un Sacré-Cœur et d'un chapelet, et inondé de la lumière du Saint-Esprit. Entièrement financé par des dons privés, ce vitrail sera posé dans la chapelle Saint-Augustin, près du chœur de Saint-Donatien. Son inauguration est annoncée pour le 16 novembre 2014, une des principales dates à retenir pour l'année prochaine.

Le document de présentation du projet de vitrail et le bon de souscription sont disponibles au bas de l'article :
Un nouveau vitrail pour se souvenir des Noyades de Nantes

Vitraux vendeensProchaine conférence de François de La Harie :
Les vitraux vendéens, la Guerre de Vendée en images
le samedi 7 décembre 2013, à 15h00
à Challans, salle de la Ferme de la Cailletière, rue de la Cailletière (en direction de La Garnache).
Participation : 3 €