Un article publié ici au mois de septembre a suscité un échange autour de la délicate question du recensement des victimes de la Révolution en Vendée. S’appuyant sur les seuls registres paroissiaux et d’état civil, l’un des contradicteurs mettait en doute l’importance des massacres dans la région de Clisson. L’exemple de Concourson-sur-Layon, développé par un autre généalogiste, peut toutefois tempérer la brutalité des chiffres.

Les recensements de la population de Courcourson-sur-Layon, commune angevine limitrophe de la Vendée Militaire, font apparaître un écart énorme entre 1790 (688 habitants) et 1801 (338 habitants). Soit une perte de plus de 50% de la population ! On pourra toujours contester les chiffres : ils sont extraits du livre Paroisses et communes de France, Maine-et-Loire, publié par le Laboratoire de démographie historique de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, sous la direction de François Lebrun (p. 139). La source ne manque pas d’une certaine crédibilité.

Concourson 1790 1802Partant de ce constat, le généalogiste a épluché les registres d’état civil pour comptabiliser, de 1790 à 1802, les baptêmes et naissances, les mariages, les sépultures et décès (voir le tableau ci-contre).

« À première vue, déduit-il, rien qui permette de mesurer le dépeuplement de la commune. Les chiffres de l'an II (et, dans une moindre mesure, ceux de l'année suivante) attirent néanmoins l'attention. Pas moins de 90 actes de décès pour l'an II, c'est-à-dire pour la période qui va de septembre 1793 à septembre 1794 ! »

Alors d'où provient une telle distorsion entre les recensements de population de 1790 à 1801 et le simple relevé d’actes dans les registres ? De la présence importante des « réfugiés » dans la commune ? Du non-enregistrement des personnes massacrées, en particulier lors du passage des Colonnes infernales ? En l'absence de registre clandestin, ou d'autres sources que l'état civil, il devient difficile de retrouver tous ces morts anonymes dont « l’absence hante jusqu'à aujourd'hui les statistiques démographiques ».

Source : Concourson dans la tourmente révolutionnaire, blog généalogique de Dominique Chadal