Prinquiau fut la première étape de la promenade de l'après-midi, ce samedi 21 décembre, sur les lieux de mémoire de la bataille de Savenay. À commencer par le château de l’Escurays… 

EscuraysLe château de l'Escurays a été acquis par la commune de Prinquiau en 1994. 
   

Le 22 décembre 1793, les débris de l’armée vendéenne s’assemblaient à Savenay. Madame de Lescure* avait trouvé asile dans une maison de la place du marché, avec sa mère et sa chambrière, Françoise Mamet. Son père, M. de Donnissan, vint leur faire ses adieux, en remettant leur sort entre les mains de Pierre Jagault, un bénédictin membre du Conseil supérieur des Armées catholiques et royales. Ce dernier trouva un guide savenaysien, qui leur fit quitter la ville par la route de Guérande. Ils laissèrent Mademoiselle Mamet à des paysans, dont la fille les amena, par des chemins boueux, au château de l’Escurays, près du bourg de Prinquiau. Madame de Lescure relate cet épisode dans ses mémoires :

« Il était deux heures du matin quand nous arrivons ; on nous fait attendre longtemps à la porte. Maman me dit : Je mourrai ici, si on nous refuse l’entrée, je ne puis aller plus loin ; j’étais dans la même situation. Enfin, on vint nous ouvrir : Tenez, dit notre conductrice, voilà des brigands qui se sont réfugiés chez nous, mais nous sommes trop près du grand chemin. – Ah ! pauvres gens, s’écrièrent Ferré (le garde régisseur) et sa femme, entrez, tout ce qui est ici est à votre service. Ils nous font chauffer, nous étions mouillées jusqu’aux genoux ; ils nous donnent à manger… »
  

Chateau de l'EscuraysLe château de l'Escurays au début du XXe siècle.
À l'époque, la tour est encore coiffée d'une toiture octogonale.

La cachette ne servit pas longtemps. Les soldats républicains s’étaient mis en chasse des survivants dès la fin de la bataille de Savenay. Ils firent irruption au château de l’Escurays le 24 décembre, mais rentrèrent bredouilles. Les Vendéens avaient déjà trouvé refuge ailleurs, à la Grée, l’une des nombreuses étapes de leur cavale en pays de Galerne.

* Victoire de Donissan avait épousé en premières noces, en 1791, Louis Marie de Lescure, mort pendant la Virée de Galerne, puis en secondes noces, en 1802, Louis de La Rochejaquelein, frère cadet d’Henri. C’est sous son nom de Madame de La Rochejaquelein que furent publiés ses mémoires. 
   

Escurays 2Le château de l'Escurays