Après le château de l’Escurays, nous poursuivons notre périple à travers les lieux de mémoire de la bataille de Savenay sur la commune de Prinquiau, au cimetière tout d’abord, puis au Bois de Sem.

Prinquiau 1Le Tombeau des Vendéens, dans le cimetière de Prinquiau
   

Le cimetière de Prinquiau, dont on aperçoit de loin la chapelle de Bon Secours qui brandit sa flèche d’ardoises en son centre, abrite un lieu de pèlerinage incontournable, signalé dès l’entrée : le Tombeau des Vendéens. Le monument, plutôt modeste, porte deux inscriptions. La première est gravée sur la dalle de granit : « A la mémoire de la Grande Armée vendéenne exterminée à la bataille de Savenay le 23 décembre 1793 Pro Deo Pro Rege » (pour Dieu pour le Roi). La seconde, sur la croix, indique qu’ « ici reposent les ossements des restes de l’armée vendéenne, massacrée à la déroute de Savenay, sur la butte de Sem, en la commune de Prinquiau, le 23 décembre 1793 ».

Au soir de la bataille de Savenay, funeste défaite pour l’armée vendéenne outre Loire, les républicains se livrèrent à une véritable curée. Partout à travers la campagne alentour on exécutait sans autre forme de procès les survivants de la Virée de Galerne, non seulement les combattants, mais aussi les femmes, les enfants, les vieillards. Les promesses de vie sauve en échange de la reddition ne furent pas respectées, selon l’usage républicain. Sur la butte de Sem, aujourd’hui bordée par la grande route de Saint-Nazaire, six à sept cents victimes furent ainsi massacrées sur place.

Dès le début de la Restauration, le maire de Prinquiau, François Espivent de Perran, fit recenser les fosses dans lesquelles les corps des suppliciés avaient été jetés à la hâte. On en dénombra trente-neuf, qui furent ouvertes le 12 juin 1816. Certaines contenaient jusqu’à six couches de squelettes portant encore des vestiges de vêtements, des chapelets, des sabots et autres objets domestiques. On chargea tous ces ossements sur onze tombereaux avant de les déposer dans un cercueil de grande taille, qui pourtant ne suffit pas à tout contenir. On porta alors le reste des exhumations au cimetière de Prinquiau, où une large fosse avait été creusée. Une cérémonie fut organisée le lendemain, autour de ce cercueil porté par dix-huit hommes, sous les ordres de Jean-Marie Bourdic, ancien capitaine de l’armée vendéenne, jusqu’à l’église. Le recteur, François Desmars, célébra en mémoire des victimes une messe de Requiem, puis le cortège se rendit au cimetière, accompagné par plus de deux mille personnes.

Le Tombeau des Vendéens sur lequel nous nous sommes recueillis à notre tour n’est pas celui érigé en 1816. Le premier monument a en effet été remplacé un siècle plus tard par celui que l’on peut voir de nos jours.
   

Bois de SemLa Pierre des Vendéens, au Bois de Sem
   

Cette étape nous a naturellement conduits au Bois de Sem, bien indiqué par des panneaux depuis le bourg. Sur ce promontoire boisé entouré de marais – aujourd’hui barré par la 2x2 voies de Savenay à Saint-Nazaire – se dresse une stèle massive, la Pierre des Vendéens. Ce monument inauguré le 23 juin 2007 porte une plaque commémorative sur laquelle on peut lire : « A la mémoire des Vendéens massacrés dans les environs après la bataille de Savenay, le 23 décembre 1793 et les jours suivants. »

Quelques minutes de recueillement, puis nous partons retrouver Madame de La Rochejaquelein…

Bois de Sem