Gros bourg situé à la limite des Mauges et du Layon, Gonnord se trouve au début de l'année 1794 en première ligne lorsque les armées de Turreau entament leur marche infernale. Les colonnes qui attaquent de ce côté sont aux ordres de Cordelier, secondé ici par Crouzat.

Croix des Martyrs Valanjou
La Croix des Martyrs du 23 janvier 1794

Ne cherchez pas Gonnord dans la liste des communes du Maine-et-Loire : celle-ci a fusionné en 1974 avec sa voisine, Joué-Etiau, pour donner naissance à Valanjou. Ce coin de la Vendée Angevine se trouve, ce 23 janvier 1794, sur la trajectoire de la colonne de Crouzat. Le vieil officier d'Ancien régime va consciencieusement mettre en œuvre les ordres reçus de son commandant en chef. Ses hommes encerclent Gonnord, surprennent 200 de ses habitants, les conduisent à l'extrémité du bourg, sur la route de La Salle-de-Vihiers, et les massacrent sur place avant de reprendre leur marche sur Joué-Etiau. Cordelier en informera Turreau deux jours après, en lui écrivant que Crouzat « a brûlé les villages de Gonnord, Joué, Etiau, et les hameaux et châteaux environnants » (Savary, tome III, p. 69).

Seule fait exception, comme Cordelier prend soin de l'indiquer, la maison de la citoyenne Beaurepaire – Marie-Anne Charlotte Banchereau-Dutail, l'épouse de Nicolas Joseph Beaurepaire, héros de Verdun – qui réside toujours dans sa commune natale.

Gonnord 1794

Le lieu du massacre du 23 janvier 1794 fut depuis longtemps signalé par la Croix des Martyrs. Restaurée en 1879, cette croix a été heureusement préservée pour perpétuer dans sa pierre le souvenir de ce premier drame. Car il y en eut un autre, le 6 avril 1794, lui aussi rappelé par un autre monument toujours présent sur la commune.

Source : A. Defaye, Si Gonnord m'étais conté, 1976