Il était l’autre chef du Pays de Retz, celui que Kléber lui-même considérait comme l’égal de Charette. Réputé pour sa bravoure autant que pour sa dureté, La Cathelinière n’eut pas la chance de son compagnon d’armes.

Les 5 camps de La Catheliniere
Carte des 5 camps de La Cathelinière
(lien sur l'image vers l'article de Jean-Pierre Vallée)

Le 1er mars 1794, Muscar, commandant le poste républicain de la Hubaudière, annonce au général Vimeux que « La Cathelinière est pris : un détachement sorti de Vue a fait cette capture à midi. La prise de ce chef, distingué par tant de cruautés, entraînera sûrement la destruction totale de la horde qu’il commandait. On va le conduire à Nantes ».

Louis François Charles Ripault de La Cathelinière a mené la vie dure aux Bleus pendant toute l’année 1793, depuis ses camps établis autour et dans la forêt de Princé. Né au manoir de la Mégerie, paroisse de Frossay, le 19 août 1768, cet ancien officier de marine rassembla autour de lui jusqu’à 10.000 rebelles du Pays de Retz. Il se battit souvent aux côtés de Charette, mais ne cessa d’agir en toute indépendance.

Pourchassé par la garnison de la Hubaudière (le sinistre château d’Aux, place forte de la répression républicaine dans le Pays de Retz), il est finalement capturé dans sa maison du Moulinet, à Frossay. Une blessure l’avait contraint à s’y retirer. « On l’y a trouvé caché dans un pressoir », rapporte Turreau.

Traduit devant une commission militaire, il ne parle presque pas, disant seulement que depuis trois semaines il était blessé, que son armée était débandée et qu’il n’avait plus de ressources que dans le pillage. Lalouet, le président de la commission, ajoute à son compte-rendu : « En un mot, il est certain que la Vendée est maintenant détruite. »

La Cathelinière est guillotiné à Nantes le dimanche 2 mars 1794, à l’âge de 25 ans. La division du Pays de Retz est alors confiée par Charette à Louis Guérin.