Officier originaire de Lorraine, Nicolas Haxo a 44 ans lorsqu’il est envoyé en Vendée, en septembre 1793, dans les rangs de l’armée de Mayence. Chargé de réduire et capturer Charette à travers la Basse-Vendée, il échouera dans sa mission le jeudi 20 mars 1794, aux Clouzeaux.

Mort de HaxoLa mort du général Haxo

La traque a été impitoyable depuis plusieurs mois. Le jeudi 20 mars 1794, Haxo a laissé le champ libre à ses hommes pour incendier les maisons du bourg de Beaulieu et, en prenant la route de Landeronde. En cours de route, des éclaireurs républicains surprennent quelques traînards vendéens ; la piste est bien la bonne. De leur côté, les cavaliers éclaireurs de Charette reviennent au galop sur Les Clouzeaux. Haxo arrive.

La bataille va se dérouler dans un triangle formé par les routes des Clouzeaux à Landeronde, des Clouzeaux à Venansault, et la grand-route de La Roche aux Sables. Les Vendéens ont pris position en avant du bourg des Clouzeaux ; quatre divisions à cent mètres l’une de l’autre. Charette est sur l’aile droite, Guérin au centre, Joly à gauche ; en réserve, disposé sur les hauteurs, Le Moëlle avec ses cavaliers sont prêts à intervenir pour protéger une éventuelle retraite.

Haxo est très confiant. Certes ses soldats sont exténués après cette marche de nuit, mais où en sont les Vendéens ? Ceux qui ont suivi Charette ont souffert de la faim, d’étapes épuisantes, d’angoisses à tordre l’estomac, de la rudesse des bivouacs par tous les temps ; ils sont décharnés, dépenaillés et bouffés de vermines.

Lui qui a les a pistés depuis le début du mois sans pouvoir leur mettre la main dessus ; lui qui les a vu filer tant de fois entre ses jambes comme couleuvres dans l’herbe haute ; lui qui a donné des assurances au Comité de Salut public, sur son honneur et sur sa tête… cette fois il les voit, ils sont face à lui, en formation, attendant l’assaut. Il a le nombre de soldats pour lui ; les Vendéens sont-ils 1 200 ? Peut-être. Enfin, il les tient, et d’abord le plus coriace d’entre eux, Charette.

Haxo n’a pas mesuré la rage et la détermination des Vendéens. Il fait donner la cavalerie. Le 19e dragon déboule sur la ligne de Joly ; ce dernier supporte mal le choc. La cavalerie vendéenne arrive à la rescousse et rentre dans les rangs républicains de flanc, ce qui sème la confusion. Joly reprend la main En refluant, les cavaliers républicains se mettent dans les pattes de deux bataillons d’infanterie qui avancent sur les rangs vendéens Cette confusion permet à toute la ligne vendéenne de foncer dans les rangs ennemis et engager un corps à corps sans merci, à l’arme blanche, une immense mêlée. Un hurlement vengeur monte du camp des blancs. L’aile gauche républicaine commence à flancher devant la ruée des gars de Charette. Ils affrontent les Bleus à la manière vendéenne, qui n’a rien à voir avec l’enseignement des écoles de guerre, c’est-à-dire désordonnée apparemment, mais solidaire et spontanée.

Haxo tente de reformer les hommes en ordre de bataille et de les ramener au combat. Il invective, il menace ; rien n’y fait. Le terrible Joly est toujours là, menant les charges à la baïonnette. L’effroi, la panique, la déroute s’emparent des Bleus.

Haxo remonte au galop la cohue des fuyards pour tenter de reformer sa troupe. Mais ils n’ont qu’un but : retrouver la grand-route de La Roche. Son cheval a-t-il fait un écart ? A-t-il refusé de traverser un obstacle ? Haxo a-t-il fait un faux mouvement en recevant une balle dans la cuisse ? Le bleu est désarçonné, il tombe à terre. « Accoté » à un arbre ou un talus, il fait face aux paysans qui accourent ; ce sont des gars de Joly. Haxo est taillé comme un hercule ; il est superbe et impressionnant. On lui demande de se rendre : son choix est fait, il se battra, un sabre d’une main, un pistolet de l’autre. Picard, un cavalier de Palluau, s’approche pour lui donner un coup de sabre ; Haxo l’écarte et le blesse au nez. Un autre cavalier, Domès, qui s’est coiffé d’un casque de dragon, veut lui donner un coup de sabre ; Haxo, d’un revers, lui fait sauter son arme de la main. Plusieurs Vendéens s’approchent de lui, mais il les éloigne de son sabre. Un certain Arnault, de Belleville, tire à bout portant ; Haxo, tombé à terre, a encore la force de faire mouliner son sabre et de blesser à la main un Vendéen d’un coup de pistolet. Aux portes de la mort, il expire comme un guerrier. Le coup de grâce est donné par un gars de Landeronde, Trichet, surnommé le Borgne. Charette arrive par la suite ; les gars de Joly ont commencé à s’occuper de se partager la dépouille.

HaxoLe panneau marquant le lieu présumé de la mort de Haxo aux Clouzeaux