La salle du Vendéspace était comble hier soir pour accueillir l’Oratorio du Pardon. Cette composition musicale, commandée par le Conseil général de la Vendée dans le cadre du 220e anniversaire du soulèvement vendéen, a été interprétée par une centaine d’artistes* dirigés par le chef d’orchestre Pierre Cao. 

Bruno Retailleau, le président du Conseil général, a présenté cette œuvre en l’inscrivant dans le cycle des commémorations, qu’il a voulu axer sur le Pardon. « Nous avons célébré avec Lech Walesa il y a quelques mois un autre pardon, le pardon des généraux vendéens après la bataille de Fontenay pour 4.000 prisonniers républicains, avec une lettre signée des généraux vendéens, comme un pacte d’honneur. Quelques mots simplement : Je rendrai à leurs familles ces pères qui leur sont nécessaires, jamais je ne serai barbare, chaque prisonnier trouvera en moi un ami et un protecteur.

Oratorio du Pardon 2Bruno Retailleau présente l'Oratorio du Pardon

« La Vendée d’hier a pardonné, elle a pardonné pour elle-même, pour ne pas être consumée par la haine, et je crois qu’elle a aussi pardonné pour nous, pour la Vendée d’aujourd’hui, pour notre Vendée, parce qu’en quelque sorte nous sommes nous aussi les enfants de ce pardon ; ce pardon qui a rendu possible l’avenir en préparant les retrouvailles de la France et de la Vendée ; ce pardon qui nous a construits, qui a construit notre identité, notre culture, notre caractère de Vendéens. Là nous trouvons la source de nos succès d’aujourd’hui, et j’espère bien aussi nos succès de demain…

« Bien sûr, le Pardon n’est pas l’oubli. Paul Ricœur nous le redit, il a écrit il y a quelques années : On ne peut pas pardonner ce qui a été oublié. La Vendée a souffert deux fois : elle a souffert une première fois dans sa chair avec les Colonnes infernales ; elle a souffert ensuite dans sa mémoire lorsque sa tragédie est devenue comme un secret honteux de la République.

« Aujourd’hui nous ne voulons pas, bien sûr, d’acte de repentance, nous ne voulons pas gratter les plaies, nous ne voulons pas engager la Vendée dans une concurrence mémorielle. Ce que nous voulons simplement, sereinement, paisiblement, c’est un acte de reconnaissance qui viendra j’en suis sûr. Les Vendéens de 1793 n’ont pas pris les armes contre les idéaux de 1789, contre la fraternité proclamée. C’est la Terreur qui a bafoué et qui a trahi les idéaux de 1789… »

Oratorio du Pardon 1Yves Viollier (auteur du texte), Bruno Retailleau,
Bruno Coulais (compositeur de l'Oratorio du Pardon) et la mezzo Marie Kobayashi

Bruno Retailleau conclut alors sur cette leçon de pardon vendéen qui a laissé deux dimensions, l'intime et l'universel, « qui s’entrelacent, comme s’entrelacent les deux cœurs de la Vendée qui nous symbolisent, comme vont s’entrelacer aussi les notes superbes et émouvantes de Bruno Coulais et les mots poignants d’Yves Viollier ».

* L’Oratorio du Pardon a réuni le chœur Arsys Bourgogne, le chœur d’enfants de l’Institut Musical de Vendée, l’ensemble corse A Filetta, le Paris Symphonic Orchestra et la soliste japonaise Marie Kobayashi. La seconde partie du spectacle a présenté des compositions de Bruno Coutais, principalement pour le cinéma (Les Choristes, Himalaya l'enfance d'un chef, Microcosmos, etc.).