Le mardi 22 avril 1794, les armées vendéennes reconstituées autour des chefs encore vivants, Charette, Stofflet, Sapinaud et Marigny, se réunissent dans les ruines du château de la Boulaye, entre Treize-Vents et Mallièvre (85). Incapables de désigner un généralissime qui les commanderait tous, les généraux préfèrent s'unir par un serment d'assistance mutuelle.

La Boulaye MonbailLe château de la Boulaye dessiné au milieu du XIXe siècle par E. de Monbail.
Madame de La Rochejaquelein y séjourna en 1793.
 

Bertrand Poirier de Beauvais évoque cet épisode dans ses Mémoires (pp. 286-287) :

« La rencontre eut lieu au château de la Boulaye, à une lieue et demie de Châtillon (Mauléon). Fleuriot accompagnait Stofflet et vit pour la première fois, depuis qu'il était revenu de la rive droite de la Loire, son neveu Charette. Toutes les armées royalistes de la Vendée étaient donc réunies, chacun paraissait croire que ce qui s'était passé jusqu'alors serait oublié, et que les chefs ne se sépareraient pas sans avoir aplani toutes les difficultés…

« Ce n'était pas assez encore ; on voulut qu'un serment solennel vînt cimenter la foi que l'on s'était engagée les uns aux autres. C'est au milieu des ruines incendiées de la chapelle du château de la Boulaye que ce serment se fit, plusieurs de nous tirant leur sabre haut, comme pour prendre à témoin le reste des voûtes de ce lieu sacré.

« Dans ce moment, il fut juré : de n'avoir qu'une âme, qu'une volonté, de ne rien faire dans aucune armée, sans préalablement avertir les autres armées, qui donneraient leur opinion, et dans ce cas le résultat du vœu général serait ce qu'on suivrait ; que celui qui se conduirait d'une manière contraire, quel que fût son grade, fût-il général en chef, on sévirait contre lui, et qu'il encourrait la peine de mort, punition à laquelle on se soumettait.

« J'étais présent à ce serment, je l'ai vu faire et je l'ai fait moi-même. »

La première décision de ce pacte est d'aller débarrasser le territoire de Stofflet des colonnes républicaines qui y sévissent. Les armées vendéennes passent la nuit à Mallièvre, un bourg tout proche sur les bords de Sèvre. Le lendemain, elle prennent le chemin de l'Anjou, passent par Trémentines, avant de bivouaquer pour la nuit à Chemillé. Elles attaqueront les Bleus le jeudi 24 avril près de Chaudron-en-Mauges. Mais Marigny manquera à l'appel. Cette entorse au serment de la Boulaye aura des conséquences funestes pour lui.

La BoulayeLe château de la Boulaye de nos jours.
La mansarde ouvragée (visible sur le dessin, en haut à gauche) a disparu de la tour ronde. Elle aurait été démontée pour être transformée en cheminée.