Le redécoupage territorial des régions françaises nous promet de belles empoignades. Depuis que l’initiative a été lancée au plus haut niveau de l’État, chacun y va de ses coups de ciseaux au gré de ses intérêts ou de ses envies. 

Pays de la Loire Vendee BretagneCartes extraites de l'article de Ouest-France du 11 avril 2014
 

En fait de coups de ciseaux, ce sont essentiellement les Pays de la Loire qu’on menace de livrer au dépeçage. La plupart des projets – du moins les plus réalistes – se contentent en effet de réunir deux ou trois régions en de nouvelles entités. Ici par contre, ça sent la curée. Le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne ferait éclater toute logique territoriale des Pays de la Loire : plus de capitale, l’Anjou et le Maine raboutés au Centre, la Vendée refourguée à Poitiers, voire à Bordeaux.

Certes la création des Pays de la Loire, très artificielle, avait initialement pour but de donner un fief à un baron du gaullisme, Olivier Guichard, alors maire de La Baule. La Loire-Atlantique lui fut donc acquise, tandis que le reste de la Bretagne était confié en apanage à un autre baron, Yvon Bourges, maire de Dinard. On y adjoignit les départements voisins, Vendée et Maine-et-Loire, ainsi que la Mayenne et la Sarthe. L’ensemble fut toujours critiqué pour sa disparité, bien qu’il offrît à l’agglomération nantaise une cohérence territoriale avec son arrière-pays vendéen et choletais.

Il réalisait d’autre part une unité presque complète de l’ancienne Vendée Militaire en rassemblant le Bocage et le Marais vendéen, les Mauges, le Pays de Retz et le Loroux. Seul manquait le Bocage bressuirais, bien qu’il soit resté lui aussi entièrement tourné vers la Vendée et Cholet… Cette situation risque cependant de ne pas durer, et l’on devra bientôt changer trois fois de région pour aller de Clisson à Mauléon, en remontant la Vallée de la Sèvre nantaise sans changer de décor.

À quelque sauce qu’ils soient mangés, les Vendéens n’en garderont pas moins leur identité, faisant fi des limites administratives qu’ils ont toujours emjambées allègrement. Quant aux Nantais, si leur ville a depuis longtemps étendu sa banlieue vers Montaigu et Cholet, ils ne seront pas moins nombreux à affluer vers les plages vendéennes dès les premiers rayons de soleil.