Les communes de Montfaucon-sur-Moine et Montigné-sur-Moine ont uni leur destin en l'an 2000. Leurs rues gardent le souvenir de trois figures des Guerres de Vendée, Louis Monnier, Louis-Prosper Lofficial, et l'énigmatique Mancotte.

Rues vendeennes Montfaucon Montigne
Montfaucon entra dans l'Histoire au tournant de l'an Mil, lorsque Foulques Nerra, comte d'Anjou, bâtit sur ce promontoire naturel une forteresse afin de défendre les Mauges sur cette frontière formée par la Moine. Siège d'une baronnie, dont dépendait Montigné sa voisine, la ville appartenait aux Marches, entre Anjou et Bretagne. Elle relevait même du diocèse de Nantes jusqu'à la Révolution.

Pendant les Guerres de Vendée, les gars du pays de Montfaucon étaient commandés par Louis Monnier. Ce divisionnaire était né le 26 octobre 1771 à Clisson, baptisé à la Trinité sous les prénoms de Julien Louis. Après plusieurs années passées outre-mer, il revint au pays en 1789, à l'époque où l'agitation s'emparait de la population. Il entra dans la garde nationale de Clisson, pour peu de temps, connut des difficultés avec les autorités qui finirent par le pousser à la tête des mécontents. Au début du soulèvement vendéen, il forma un camp d'insurgés à Lalouée, au sud de Nantes, combattit parfois avec Charette, mais rallia la Grande Armée, au point de la suivre dans sa Virée de Galerne. Il repassa la Loire à la fin du périple, en même temps que La Rochejaquelein et Stofflet. Quand ce dernier reforma l'Armée d'Anjou, il confia la division de Montfaucon à Monnier qui la conservera jusqu'en 1815. Celui-ci passa ses dernières années au Pont-de-Moine, un village formant un quartier de Montfaucon sur la rive gauche de la Moine, mais relevant de Montigné. Il y mourut dans la misère, le 24 novembre 1851, à l'âge de 80 ans. C'est d'ailleurs au Pont-de-Moine que se situe la rue Louis Monnier.

Un peu plus haut, rive droite, une ruelle pentue porte le nom de passage de la Mancotte. Ce nom curieux désignait la survivante d'un massacre perpétré par les soldats républicains en janvier 1794 à Montfaucon. Après le départ des Bleus, les habitants sortirent de leurs caches pour sauver leurs biens qui n'avaient pas encore brûlé. Ils découvrirent parmi les monceaux de cadavres deux fillettes qui respiraient encore. Un chirurgien de la ville les soigna. L'une était grièvement blessée à la gorge, l'autre avait le poignet tranché d'un coup de sabre. On la surnomma la Mancotte (la Manchotte en français). 

Du côté de Montigné, on trouve enfin une rue Louis-Prosper Lofficial. Cet avocat, procureur à la baronnie de Montfaucon, fut élu député du Tiers aux États généraux de 1789, puis à la Convention où il vota en faveur du bannissement de Louis XVI. Il sauva sa tête en se faisant très discret sous la Terreur, réapparut pour accuser Carrier, Hentz, Francastel et les généraux des Colonnes infernales. Il intervint également pour obtenir la grâce de la veuve de Bonchamps. Son nom figure parmi les signataires de la paix de la Jaunaye (17 février 1795). Il poursuivit sa carrière sous le Directoire et mourut à Paris en 1815.

Article connexes :
Louis Monnier, chef de la division de Montfaucon-sur-Moine
Montfaucon-sur-Moine, le massacre de janvier 1794