La duchesse de Berry, la bru de Charles X, entreprit à l’été 1828 un voyage triomphal à travers les provinces. Son passage en Vendée souleva une vive émotion parmi les anciens combattants de 1793 et 1815.

Voyage en Vendee de la Duchesse de BerryLes étapes vendéennes du voyage de la duchesse de Berry (juin-juillet 1828)
 

Venant de Tours, la duchesse de Berry arriva à Saumur le 20 juin 1828. Après Angers le 21, elle rendit visite aux Walsh de Serrant, à Saint-Georges-sur-Loire le 22. Elle passa par Champtocé-sur-Loire et Varades pour aller à Saint-Florent-le-Vieil. Partout s’élevaient des arcs de triomphe, la Loire était couverte de bateaux. On montra à Madame la maison où mourut Bonchamps, au village de la Meilleraie, puis elle embarqua pour l’autre rive.

Sur la place d’armes au sommet du Montglonne, elle fut reçue au milieu d’une foule de soldats vendéens accourus de toute la contrée. Elle assista à la messe, admira la statue de Bonchamps, avant de quitter Saint-Florent-le-Vieil pour descendre le fleuve jusqu’à Nantes. Elle vit sur les berges les fameux gars du Loroux venus la saluer. Quand elle émit le souhait d’honorer l’héroïque Vendée, on lui parla de fatigue ; elle répondit avec son énergie ordinaire : « Dans les mauvais chemins du Poitou, je me ferai Vendéenne. » Et elle tiendra parole, comme on le verra en 1832.

Nantes ne fut qu’une brève étape. Il fallait gagner Savenay, le 23 juin. Madame y parvint en fin de matinée. Elle se recueillit devant le monument élevé à la mémoire des victimes du 23 décembre 1793, avant de prendre le chemin de Prinquiau en direction de Vannes. Son voyage se poursuivit en Bretagne – Sainte-Anne-d’Auray, le Champ des Martyrs, Lorient, Rennes – pour revenir à Nantes le 28 juin. Elle en repartit le 1er juillet pour enfin entrer dans ce Bocage qu’elle chérissait déjà.

La Duchesse de Berry a VezinsPlaque posée à l'entrée du château de Vezins

Le cortège passa par Les Sorinières, Aigrefeuille-sur-Maine, et Maisdon, où Madame rencontra la veuve du général Suzannet et trois divisions de l’ancienne armée de Charette dans la lande de la Grenouillère. Elle poursuivit à cheval vers Vieillevigne, franchit un arc de triomphe à la limite de deux départements et entra à Saint-Hilaire-de-Loulay, et passa la nuit au château de la Grange.

Le lendemain, 2 juillet, elle marcha sur Legé où l’attendaient là encore de nombreux vétérans vendéens. Elle contempla la chapelle et la statue de Charette, puis se retira le soir au château du Verger. L’étape suivante, au Champ des Mattes, la conduisit au pied de la croix marquant l’endroit où Louis de La Rochejaquelein fut tué en 1815. Elle continua sa route le même jour jusqu’à Bourbon-Vendée (La Roche-sur-Yon), chef-lieu du département, qu’elle quitta le 5 juillet pour filer vers le Haut-Bocage. Aux Quatre-Chemins de l’Oie, elle posa la première pierre d’un monument (qui ne sera jamais achevé) en souvenir des victoires vendéennes, puis se rendit à La Gaubretière, au château de Landebaudière, qui appartenait à Auguste de La Rochejaquelein, le frère d’Henri et de Louis, pour y passer la nuit.

Le 6 juillet, Madame visita Tiffauges, célébra à Torfou la bataille du 19 septembre 1793 au milieu de 4.000 personnes qu’elle abandonna à regret pour se rendre à Beaupréau où d’autres anciens Vendéens la réclamaient déjà. Elle passa par Clisson, Vallet et Gesté, qui s’était paré de guirlandes et de fleurs. Elle entra dans Beaupréau au milieu des acclamations, posa la première pierre d’un monument à la mémoire de d’Elbée (qui lui non plus ne verra pas le jour). Elle visita ensuite Le Pin-en-Mauges, village natal de Cathelineau dont elle salua la statue, poursuivit sa route vers Jallais et Chemillé, monta à l’abbaye des Gardes, repartit vers Melay et La Tourlandry, pour parvenir enfin au château de Vezins.

La PelissonniereLa duchesse de Berry séjourna au château de la Pélissonnière
dans la nuit du 9 au 10 juillet 1828.
  

Le 8 juillet, Madame entra dans Cholet. Les rues étaient tendues d’étoffes des manufactures de la ville. Après une visite au pas de course, elle continua vers Maulévrier, se recueillit devant le monument de Stofflet, repartit pour Saint-Aubin-de-Baubigné où l’attendaient 5.000 Vendéens en armes.

L’étape du 9 juillet s’emmena au couvent de la Sagesse à Saint-Laurent-sur-Sèvre, puis au château de la Pélissonnière, quartier général de Sapinaud et La Rochejaquelein en 1815, où elle passa la nuit. Son périple s'acheva en Vendée à Luçon (le 10 juillet) et à Fontenay-le-Comte (le 11), avant de se prolonger vers La Rochelle.