Profitant d’un temps clément en ce dimanche après-midi, je suis parti en randonnée sur le sentier du Bois-Roland, à L’Oie. Encore L’Oie, allez-vous me dire ! Eh oui, il y a décidément bien des choses à découvrir sur cette commune vendéenne…

La Tanchere 5Louise Regrenil à cheval, devant sa maison au hameau de la Tanchère
  

Parmi les étapes remarquables de ce circuit figurent deux lieux d’histoire : la croix de Gravereau ou de la Guérinière qui commémore la victoire vendéenne du 19 mars 1793 ; et le village de la Tanchère où vivait Louise Regrenil, surnommée la Hussarde.

Fille de Jacques Regrenil et de Jeanne Parpaillon, Louise est née vers 1764 (1). Elle entra comme novice chez les Ursulines de Luçon, en 1783, avec sa sœur Marie-Louise (1755-1827). La Révolution les chassa du couvent et les ramena chez elles, à la Tanchère. Comme elles avaient refusé toutes deux de prêter serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, des soldats vinrent les arrêter, en mars 1793, sans parvenir à leur mettre la main dessus. Furieux, ils s’en prirent à l’un des frères des fugitives, Jean-François, âgé de 34 ans, qu’ils massacèrent sur place. Louise jura alors de le venger.

Elle n’eut pas à attendre bien longtemps : l’insurrection vendéenne lui en donna les moyens. Elle se présenta au château de l’Herbergement-Ydreau, l’un des quartiers-généraux de l’Armée du Centre, portant des vêtements d’homme empruntés à ses valets. Le lendemain, elle s’attaqua à un cavalier républicain, sur la grand’route de L’Oie à Chantonnay, le tua et s’empara de ses armes et de son cheval. Ce fait d’armes lui valut son surnom de « Hussarde ».

Louise accompagna l’Armée du Centre dans ses campagnes de 1793, y compris la Virée de Galerne. Elle s’illustra aux combats de Dol et du Mans, échappa au désastre de Savenay et parvint à rentrer en Vendée. De retour à la Tanchère, elle se consacra le jour aux travaux des champs, et la nuit à la chasse aux soldats républicains isolés. On raconte que deux Bleus se présentèrent un jour pour prendre logement chez elle. L’un d’eux reconnaissant les lieux se souvint qu’il était déjà venu ici et qu’il y avait tué un homme. Reconnaissant l’un des meurtriers de son frère, Louise saisit une broche à rôtir et pourchassa les deux soldats qui s’enfuirent sans leurs fusils.

En 1808, lors de son passage en Vendée, Napoléon la félicita pour son courage. L’empereur demanda ensuite au frère de Louise, François (1753-1839), maire de Sainte-Florence-de-l’Oie, ce qu’il faisait pendant que sa sœur se battait si bien. « Sire, j’étais neutre », répondit l’édile. « Neutre ? s’écria Napoléon, « alors vous n’étiez qu’un jean-foutre et un lâche ! »

La Hussarde conserva la même fougue toute sa vie. Lorsque les soldats de Louis-Philippe vinrent à la Tanchère pour lui confisquer le fusil d’honneur qu’elle avait reçu du roi en 1820, elle préféra le briser sur la pierre du foyer.


(1) Je n’ai pas retrouvé son acte de baptême, les registres paroissiaux de cette époque présentent beaucoup de lacunes. Elle est décédée le 23 novembre 1846 à l’âge de 82 ans, ce qui permet de déduire sa date de naissance


Et maintenant quelques photos de ma promenade : 

Sentier du Bois RolandPanneau de signalisation du circuit de randonnée du Bois-Roland
au bout de l'étang de la Haute-Rivière

La Haute Riviere 1Les chênes penchés au bord de l'étang

La Haute Riviere 2L'étang de la Haute-Rivière

La Tanchere 2Vieilles maisons du hameau de la Tanchère

La Tanchere 3Cette grange aurait servi de refuge à Louise Regrenil

La Tanchere 4Les maçonneries anciennes donnent un indéniable cachet au hameau

La TanchereLa ferme des Regrenil à la Tanchère

La Tanchere 7Le ruisseau de Riamberge, sur la route entre la Tanchère
et le château de la Bobinière

Le chateau de la BobiniereLes toitures du château de la Bobinière (commune de Mouchamps)

La Tanchere 6Sur les hauteurs de la Bobinière, panorama sur le hameau de la Tanchère
 


La TanchereEn jaune, l'itinéraire de ma promenade