Dernière étape à L’Oie, et non des moindres, le château de l’Herbergement-Ydreau (1) a été le témoin d’une histoire millénaire, que je vais limiter pour l’essentiel aux Guerres de Vendée. 

Herbergement Ydreau 1L'entrée du château de l'Herbergement-Ydreau
  

Les premières fortifications remontant aux invasions barbares, il serait fastidieux d’énumérer la longue généalogie des maîtres des lieux. Faisons juste un saut au temps de la guerre de Cent Ans, qui vit se dérouler ici plusieurs épisodes notoires, pour signaler qu'en 1445 Georges de La Trémoille, ancien grand chambellan du roi Charles VII, donna ce château rebâti au XIIIe siècle à son fils bâtard Jehan, légitimé sous le nom de Jehan « de L’Herbergement ».

En 1590, cette terre passa par mariage de la famille de L’Herbergement à celle de Sapinaud, qui la conserva jusqu’en 1707. À cette date, Charles Daniel de Sapinaud (le père du futur général vendéen Sapinaud de La Rairie) la vendit à Daniel François de La Douespe, seigneur du Fougerais, dont j’ai parlé dans un précédent article sur le camp de l’Oie.

CadastreSituation du château sur le cadastre de 1825
(Archives de la Vendée en ligne -> cadastre napolénien -> L'Oie)
   

Au début du soulèvement vendéen, l’Herbergement-Ydreau fut aménagé par les insurgés en entrepôt et en arsenal, tandis que le château du Fougerais voyait siéger l’état-major de l’Armée du Centre nouvellement créée après les premières victoires de mars 1793. C’est là que Louise Regrenil, dite « la Hussarde » entama ses campagnes militaires.

Conservé au pouvoir des royalistes jusqu’à l’été, il dut toutefois être abandonné lors du repli vendéen face à l’offensive républicaine de septembre 1793. Les Bleus ne s’encombrèrent pas de cette place forte, préférant l’incendier pour créer plus tard un camp retranché sur les hauteurs de L’Oie.

Les vieux murs de l’Herbergement-Ydreau ont traversé les siècles, même si, faute d’entretien, certains éléments d’architecture ont disparu, comme en attestent les quelques photographies ci-dessous, prises au début du XXe siècle. On peut encore les admirer aujourd’hui, se reflétant dans leurs larges douves. Il suffit pour cela de quitter la grand’route et de s’aventurer dans ce Bocage si riche d’histoire…

Herbergement Ydreau 2La porte d'entrée du château aujourd'hui

CPA Herbergement YdreauLa même entrée au début du XXe siècle, avec les deux tours
et les traces de l'ancien pont-levis au-dessus du porche

Herbergement Ydreau 3La tour effondrée dans les douves

PHA Herbergement Ydreau 1La même tour encore debout au début XXe siècle

Herbergement Ydreau 7Les douves et le mur d'enceinte

Herbergement Ydreau 6La chaussée donnant accès à la haute cour

PHA Herbergement Ydreau 2L'intérieur du château au début du XXe siècle

Herbergement Ydreau 5Dernière vue sur les douves


(1) L'orthographe varie selon les auteurs et les époques : Ydreau, Hydreau, Idreau, Idereau, etc.


Deux cartes situent le château de l'Herbergement-Ydreau :
– l'une dans l'article sur le camp de l'Oie
– l'autre à la fin de l'article sur Louise Regrenil, la Hussarde