Une messe de requiem sera célébrée vendredi prochain pour honorer la mémoire de Françoise Gandriau, jeune Vendéenne exécutée par la justice révolutionnaire le 6 mars 1794 à Lassay.

Petite EmigreeLa tombe de la Petite Émigrée, à Lassay-les-Châteaux
  

On la surnomme « la Petite Émigrée ». Originaire de Fontenay-le-Comte, Françoise Gandriau avait 18 ans lorsqu’elle suivit l’exode de l’armée vendéenne au-delà de la Loire. Égarée près de Mayenne, elle prit la route du Ribay et finit par trouver refuge chez l’ancien maire du lieu, Julien Thuault, qui la prit en pitié. Probablement dénoncée par le curé assermenté Mahé, elle ne tarda pas à être arrêtée, le 2 février 1794, conduite à Lassay et incarcérée dans une maison de la place du Boyle.

Elle demeura un mois en prison, le temps de faire venir J.-B. Volclerc, autre curé constitutionnel de sinistre réputation, qui fit dresser sa guillotine sur la place de la Pointe, entre la route d’Ambrières et la rue du Château. La justice révolutionnaire est expéditive : Françoise est condamnée à mort le 15 ventôse an II (5 mars 1794). Elle aurait pu échapper à la sentence en se déclarant enceinte, mais elle fit le choix de la mort plutôt que celui du déshonneur. Elle fut guillotinée le lendemain, 6 mars 1794.

Sa légende commence alors. On raconte que pour transporter sa dépouille vers la Lande des Malheureux, trois chevaux n’y suffirent pas. On leur adjoignit un quatrième, avec lequel l’attelage eut bien de la peine à gagner le lieu de l’inhumation. On parla de sainteté… Discrètement un culte se développa autour de la tombe de la jeune Vendéenne, à qui l’on vient depuis lors demander la guérison des enfants entravés dans la marche en lui offrant des fleurs et des prières.

Une plaque a été posée en sa mémoire, dans la rue Cébaudière, par l'association du Souvenir de la Chouannerie mayennaise.

La messe de requiem sera célébrée le vendredi 6 mars 2015, à 20h30, en l’église paroissiale de Lassay-les-Châteaux.

Merci à Nicolas Chotard !