Le Laboratoire des Internautes interpelle régulièrement les habitués des Archives de la Vendée au sujet de documents à identifier ou d'énigmes à résoudre. Une nouvelle question a été posée jeudi dernier, à propos d'un habitant de Saint-Hilaire-de-Chaléons, dans le Pays de Retz. Comment ce Bleu a-t-il pu se retrouver parmi les martyrs vendéens de la paroisse ?

Saint Hilaire de ChaleonsLes deux plaques du Souvenir Vendéen à Saint-Hilaire-de-Chaléons
furent inaugurées le 20 septembre 1959
  

Le cimetière de Saint-Hilaire-de-Chaléons (Loire-Atlantique) disposait encore, en 1980, d’une plaque à la mémoire de Jacques Bossis, martyr révolutionnaire. Récemment, la restauration du calvaire du même cimetière a révélé que son nom figurait aussi parmi la liste des paroissiens martyrs de la foi.

Cette confusion est-elle unique ?

De Jacques Bossis, baptisé en février 1752 à Saint-Hilaire-de-Chaléons, nous connaissons la mort par une déposition de sa veuve portée au registre de décès de cette commune tenu en l’an V (p. 61, n°357).  Elle déclare qu’il a été tué le 14 avril 1793 par les brigands, à Machecoul. C’est vraisemblablement en tant que garde national qu’il y était et qu’il a péri. Son engagement révolutionnaire est avéré.

Sait-on à quand remonte la plaque commémorative républicaine de Saint-Hilaire-de-Chaléons ?

Il ne fait pourtant pas de doute que c’est bien lui qui figure aussi parmi les « Vendéens » de la plaque du calvaire : mêmes nom, prénom, paroisse de naissance et âge (41 ans).

Sait-on à quand remonte la plaque des Vendéens martyrs de Saint-Hilaire-de-Chaléons, et comment elle a été composée ?

Le comprendre permettrait de vérifier s’il s’agit d’une erreur ou d’une assimilation généreuse, dans le but de rassembler la communauté paroissiale sur un souvenir unanime. Pourtant la plaque apposée témoigne de la persistance d’une mémoire divisée.

Connaît-on d’autres cas de combattants dont les deux héritages s’approprient la mémoire ?

Il s’agit bien ici de trouver des cas où les mémoires, d’ordinaire affrontées, ont accepté, consciemment ou non, de s’attribuer le souvenir d’adversaires. Notons que, dans un esprit différent, en 1993, Amblard de Guerry a fait ériger à Mauléon un monument à la grandeur de la Vendée militaire, mais, très lucidement, il a fait ajouter « dans le respect de tous les morts ».

Lien vers l'article du Laboratoire des Internautes