En ce beau dimanche de Pâques, mes pas m’ont porté vers Saint-Mars-la-Réorthe. J’y ai suivi plusieurs portions de sentiers de randonnée pour y (re) découvrir un petit patrimoine chargé d’histoire. 

Saint Mars la Reorthe 12La Vierge de la Colonne à Saint-Mars-la-Réorthe
  

J’ai évidemment fixé mon point de départ à l’église Saint-Médard. L’édifice « ne paie pas de mine » au premier abord. Il recèle pourtant un ensemble exceptionnel de verrières relatant des épisodes des Guerres de Vendée, que j’ai répertoriées ici.
  

Saint Mars la Reorthe 1L'église de Saint-Mars-la-Réorthe et l'ancienne mairie (jusqu'en 1998),
aujourd'hui maison paroissiale. Quand elle était en fonction, c'était la plus petite mairie de Vendée.
  

On y trouve également une chaire réalisée par Mathieu de Gruchy, personnage hors du commun. Né à Jersey en 1761 dans une famille protestante, il prit la mer et fut capturé, puis conduit en France. Converti au catholicisme en 1780, il s’évada et se retrouva apprenti chez un menuisier de Trémentines, près de Cholet. Il vint alors à Saint-Mars-la-Réorthe pour installer la chaire et le confessionnal qu’il avait fabriqués avec son patron. Le curé de la paroisse, l’abbé Morennes (qu’on voit dans un vitrail) remarqua sa piété et le poussa au sacerdoce. Ordonné prêtre en 1788, Mathieu de Gruchy fut nommé vicaire à Soullans, à Bois-de-Céné, et enfin à Beauvoir-sur-Mer. Il refusa de prêter le serment constitutionnel et se réfugia en 1791 au Boistissandeau, près des Herbiers. Menacé de déportation, il s’exila vers l’Angleterre, avant de revenir en Vendée après la guerre. Les républicains finirent toutefois par mettre la main dessus : ils le fusillèrent à Nantes le 28 novembre 1797.
  

Saint Mars la Reorthe 2La chaire réalisée par Mathieu de gruchy en 1783
(avec installation électrique d'époque)

Saint Mars la Reorthe 3Deux culs-de-lampes fantaisistes au-dessus de l'autel de Saint-Joseph : à gauche, une paroissienne de Saint-Mars en coiffe traditionnelle, Élise Pasquereau, surnommée « Miniquette » avec son oie ; à droite, un ouvrier qui travailla à la construction de l'église.
  

Après ce passage à l’église, je me suis rendu au Bois des Jarries. Ce petit massif forestier s’étend à l’est du bourg, sur l’une des collines les plus élevées du Haut-Bocage. Elle culmine en effet à 30 m au-dessus du Mont des Alouettes. Une table d’orientation a été aménagée à son sommet, sur un belvédère de bois devant lequel se déploie un vaste panorama vers l’ouest et le nord.
 

Saint Mars la Reorthe 4Au bas de la colline, le sentier serpente au milieu des châtaigniers.
Pas un bruit, juste le cliquetis des fûts bercés par le vent...

Saint Mars la Reorthe 5À mi-parcours surgissent quelques pins

Saint Mars la Reorthe 6Une curiosité à ne pas manquer : le bord du chemin est jalonné de grosses fourmillières grouillantes de vie. J'en ai compté une quinzaine sur quelques centaines de mètres. La plus grosse doit mesurer plus d'un mètre de diamètre.

Saint Mars la Reorthe 7Les châtaigniers font place aux chênes au sommet de la colline

Saint Mars la Reorthe 8Le belvédère du Bois des Jarries

Saint Mars la Reorthe 9Panorama sur Saint-Mars-la-Réorthe et le Mont des Alouettes (au fond)
  

Après cette ascension, j’ai rejoint en contrebas, par un vieux chemin creux, la croix de la Renaudière. On la voit sur un vitrail de l’église, dans le transept sud (photo ci-dessous). La scène se déroule en 1794. Amédée de Béjarry, un des chefs de l’Armée du Centre, fait une levée en masse dans la région du Haut-Lay. Il recrute à Saint-Mars-la-Réorthe un corps d’élite d’environ 150 hommes, qu’il appelle « mes chasseurs de Saint-Mars ». Rassemblés devant la croix de la Renaudière, le chef vendéen et ses gars prêtent serment : « À Dieu fidèles jusqu’à la mort ! » (Revue du Souvenir Vendéen, n°35, juin 1956, p. 7)
  

Saint Mars la Reorthe 10Le chemin creux vers la croix de la Renaudière  

Saint Mars la ReortheLa croix de la Renaudière, à l'époque des Guerres de Vendée et aujourd'hui
  

Je repars ensuite vers l’autre côté du bourg, en direction de la Vierge de la Colonne. Cette statue a été élevée en 1855, sur une hauteur, à la suite de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854. Elle protégerait aussi la paroisse des orages. Un vitrail de l’église, cette fois dans le transept nord (photo ci-dessous), en célèbre le centenaire.
  

Saint Mars la Reorthe 11La Vierge de la Colonne en vitrail et sur mon sentier de randonnée

Saint Mars la Reorthe 13Le pont de l'Ouvrardière sur le Petit-Lay
  

Je poursuis mon chemin jusqu’au petit pont de l’Ouvrardière, qui enjambe le Petit-Lay, avant de terminer ma promenade en revenant vers le bourg.
  

Saint Mars la ReortheCarte des lieux cités