Samedi dernier, la Vendée Militaire organisait une journée à Valanjou, entre Mauges et Layon. Née de l’union de Gonnord et de Joué-Étiau, cette commune forma un bastion de l’insurrection vendéenne, à l’instar de sa voisine de Chanzeaux. Les participants en ont visité les lieux de mémoire, auxquels s’ajoute désormais un nouveau : le château de la Grue.

01 Vendee MilitaireLe dévoilement de la plaque de la Vendée Militaire à la Grue
  

Je n’ai pu, hélas, participer au programme de la matinée, dont le parcours a mené les participants au manoir de la Galonnière, demeure de M. de Dommaigné, à l’oratoire des Rebretières et à la Croix des Martyrs qui honorent les victimes des Colonnes infernales particulièrement nombreuses dans ces paroisses situées en première ligne face aux républicains.

J’ai cependant tenu à être présent pour découvrir un endroit que je ne connaissais pas, la Grue. Perdue dans une campagne hors du temps, au beau milieu d’un territoire qu’on appelait jadis « l’Enclave de Gonnord », cette antique bâtisse du XVIIe siècle déroule une longue façade presque aveugle, brunie par la poussière des siècles. Un large porche la perce en son centre. Sur sa clef de voûte, un blason sculpté en constitue l’unique ornement.
  

02 La GrueLa Grue, côté route

03 La GrueLe blason au-dessus du grand porche
  

C’est là qu’a été dévoilée la plaque offerte par la Vendée Militaire à la mémoire de Jean Onillon, aîné et fils, et de Jeanne Albert, qui achetèrent le château de la Grue, vendu comme bien national en 1798, pour le restituer trois ans plus tard à ses légitimes propriétaires. Ce bel exemple de fidélité et de dévouement propre à l’âme vendéenne a été dépeint avec éloquence et érudition par Dominique Lambert de La Douasnerie, dans la cour intérieure.
  

04 La GrueLa plaque commémorative lue par Dominique Lambert de La Douasnerie
  

Au terme de cette allocution, le groupe s’est dirigé non loin de là, vers l’ancien château de la Grue. Protégées par des douves qui en dessinent les contours, les vénérables ruines semblent n’avoir pas changé depuis que les Bleus y ont bouté le feu. La végétation en a conquis les murs, mais l’on devine encore les portes ouvragées, les fenêtres étroites et quelques solides éléments fortifiés.

Si vous aimez l’histoire vendéenne, quittez de temps à autre les livres qui la figent, pour vous imprégner de tels lieux ! Toucher les pierres, parcourez le vieux pays, les figures héroïques de 93 ne tarderont pas à ressurgir…
  

05 La GrueLe château de la Grue, en façade

06 La GrueQuelques pans de murs le long d'un champ

07 La GrueLes douves à l'arrière du château
  

La journée s’est achevée par la traditionnelle veillée vendéenne animée par Dominique Lambert de La Douasnerie. Je ne referai pas ici l’exposé qu’on retrouvera dans la prochaine revue Savoir. Je citerai juste un personnage dont le récit m’a marqué, un certain Joly, de triste mémoire. Si Gonnord s’engagea dans l’insurrection, quelques-uns de ses habitants, comme ce fut le cas bien souvent, prirent le parti de la Révolution. Ils en conçurent une animosité et une haine de leurs concitoyens restés fidèles au roi, au point de les persécuter. Joly prêta ainsi son concours aux soldats des Colonnes infernales en janvier 1794. Brandissant sa tranche à brasser le mortier, il assomma les innocents, même les enfants, qui s’agrippaient au bord de la fosse creusée pour les ensevelir. De telles histoires font froid dans le dos, mais frappent l’esprit. Je ne suis pas près de l’oublier, ni toutes celles que cette journée a réveillées.

D'autres articles sur cette journée ont été publiés par la Vendée Militaire et Chemins Secrets