Le 2 mai 1796, un combat féroce opposa des Chouans de Frotté à des soldats de Hoche près du Petit-Celland, dans l’Avranchin. Un monument formé de trois croix de granit en évoque le souvenir. 

Les Trois Croix du Petit CellandLes Trois Croix, étape de la journée de la Coordination des Chouannerie
du 9 juillet 2014
   

Informés qu’une troupe d’environ deux cents Chouans commandés par le fameux « Bellavidès » – de son vrai nom Jean-Jacques de La Huppe de Larturière – et par Victor Philippe de Cantilly dit « Montjoie », rôdait du côté du Petit-Celland, les Bleus firent converger plusieurs colonnes d’Avranches, de Ducey et de Saint-Hilaire-du-Harcouët vers les positions de l’ennemi, sur les crêtes dominant la vallée de la Sée.

Les Trois CroixL’affrontement eut lieu le lundi 2 mai 1796. Les Chouans résistèrent à la vive fusillade qui s’engagea de toutes parts pendant trois heures ; mais, menacés de se faire encercler et de succomber sous le nombre, ils finirent par s’égailler dans les halliers et les chemins creux. Parmi ceux qui tombèrent au combat figure Victor de Cantilly, jeune officier royaliste de 18 ans. C’est pour lui que fut érigée la deuxième croix du Petit-Celland.

La première croix rend hommage au curé et au vicaire insermentés du Petit-Celland : Pierre Affichard et Gabriel Lebrun. La troisième porte le nom de deux autres ecclésiastiques : Gabriel Fleury Desfeux, curé de Saint-Pierre-Langers, déporté depuis Granville le 17 septembre 1792 ; et Louis Georges de Gouvetz, massacré le 12 avril 1796 par une colonne républicaine venue d’Avranches, alors qu’il portait quelques hosties.

Les trois croix furent élevées sous la Restauration par Bellavidès, dont le manoir de la Doittée se situe non loin de là. D’abord en bois, elles furent remplacées par celles, en granit, qu’on peut voir aujourd’hui. L’endroit est devenu un lieu de pèlerinage privilégié pour l’association de la Chouannerie normande.
  

Manoir de la Doitee – BellavidesLe manoir de la Doittée, demeure de Bellavidès