Le Souvenir Vendéen a entrepris, du 8 au 10 mai 2015, un voyage en Lorraine sur les pas de Stofflet. Bathelémont, village natal de cette illustre figure de la Grande Guerre de 1793, en constituait la principale étape. À cette occasion, le maire de la commune s’est interrogé sur le devenir du crâne de Stofflet, actuellement conservé au Musée de Cholet.

Le Souvenir VendeenLe dévoilement de la plaque à la mémoire de Stofflet
(à l'arrière-plan, Serge Husson, maire de la commune de Bathelémont,
et Michel Chatry, président du Souvenir Vendéen)

  

La Lorraine a donné plusieurs noms illustres dans les deux camps qui s’affrontèrent en Vendée (1). Mais Stofflet demeure incontestablement le plus célèbre. Né à Bathelémont en 1753, ce dernier s’établit à Maulévrier, aux confins de l’Anjou, après avoir servi pendant quinze ans dans l’armée. Cette expérience le destina à prendre la tête du soulèvement vendéen au sud du Choletais. Il s’illustra dans toutes les campagnes militaires de 1793, survécut aux autres chefs et commanda l’Armée d’Anjou de 1794 à 1796.

Le Souvenir Vendéen est venu lui rendre hommage le samedi 9 mai dernier, à Bathelémont, en offrant une plaque commémorative bénie par le curé de la paroisse à l’issue de la messe. Scellée à présent sur la façade de l’église, celle-ci porte l’inscription : « La Vendée reconnaissante, au général Jean-Nicolas Stofflet, 1753-1796, Souvenir Vendéen, mai 2015. »

La délégation vendéenne s’est félicitée de la participation à cette journée de 70 habitants de la commune. Car la mémoire de Stofflet est toujours entretenue localement, grâce à une association portant son nom, fondée en 1999 par Serge Husson et Jean-Paul Seichepine, deux historiens du pays, eux-mêmes lointains descendants de la famille du général vendéen.

Devenu maire de Bathelémont en 2008, Serge Husson poursuit ses recherches historiques. C’est lui, du reste, qui a invité le Souvenir Vendéen à cette cérémonie. Lors de la réception en mairie, après la messe, Serge Husson s’est ému du traitement du crâne de Stofflet exposé au Musée d’Art et d’Histoire de Cholet. Son devenir soulève bien des questions…
  

Le crane de StoffletLe crâne de Jean-Nicolas Stofflet exposé au Musée de Cholet
  

On se souvient de ce qu’il advint de la dépouille de Stofflet, après son exécution à Angers, le 25 février 1796. Sa tête et son bras droit furent coupés pour être livrés à la curiosité publique, tandis que son corps était enterré au cimetière du Clon (2). Le bras a disparu, mais la tête a fini par échouer dans la famille Nepveu-Brunetière qui la céda en 1995 au Musée de Cholet.

Présenté sur un socle drapé de noir, ce crâne fait sensation en fin de parcours de la galerie des Guerres de Vendée. Mais il choque certains visiteurs, notamment Serge Husson qui souhaite son inhumation pour mettre fin à cette « situation indécente ». Il propose par conséquent que cette relique reçoive une sépulture convenable, soit à Bathelémont, soit à Maulévrier. La première solution le ferait disparaître à tout jamais de la Vendée ; la seconde reste incertaine quant au lieu le plus approprié.

Et pourquoi ne pas lui offrir une belle châsse, qui serait déposée dans la chapelle du Cimetière des Martyrs, maintenant qu’elle est sécurisée ?
   


Sources :
L’Est républicain, édition de Lunéville, dimanche 3 mai 2015 : Où inhumer le crâne de Stofflet
L’Est républicain, édition de Lunéville, jeudi 14 mai 2015 : Le pèlerinage du « Souvenir Vendéen »

Notes :
(1) Je citerai ici celui d’un Mosellan, André Baumler, vaillant combattant du Marais de Challans, qui mériterait de sortir de l’oubli.
(2) Un article du blog Chemins Secrets explique où se trouve aujourd’hui la sépulture de Stofflet.