À Treize-Vents, sur la route de Saint-Amand-sur-Sèvre, se niche une toute petite chapelle au pied de deux gros arbres. Bâti au lendemain de la Révolution, ce modeste oratoire dédié à la Sainte Vierge garde le souvenir d’une histoire de trésor perdu au temps des Guerres de Vendée. 

Capture d’écran 2015-05-18 à 17L'arceau du Pontereau à Treize-Vents
  

Le château de la Boulaye, dont les ruines s’élèvent non loin de là, a joué un rôle important à cette époque. Le seigneur du lieu, François Sonnet d’Auzon, un respectable vieillard, était un proche parent de Louis-Marie de Salgues de Lescure. Ce général vendéen, qui commandait les insurgés du Haut-Poitou, séjourna à plusieurs reprises à la Boulaye pour soigner ses blessures reçues aux batailles de Fontenay-le-Comte (25 mai 1793) et de Saumur (9 juin 1793). Après la reprise de Châtillon (5 juillet 1793), Lescure revint une fois encore s’y refaire une santé, en compagnie d’Henri de La Rochejaquelein, Donnissan, et Marigny, avec lesquels il reçut le chevalier de Tinténiac, émissaire du gouvernement anglais. Autant dire que le château faisait office de quartier général de son armée.

Lorsque les choses se gâtèrent, en octobre 1793, la Boulaye fut évacuée. Le vieux Monsieur d’Auzon prit soin de dissimuler un important trésor, avant de quitter sa demeure aux côtés de Lescure et de son épouse (la fameuse mémorialiste). Il était accompagné en outre d’un de ses domestiques, Pierre Soulard, de Saint-Mars-la-Réorthe, qui le suivra dans la Virée de Galerne, et de son régisseur, un certain Sérit, qui ne fit la route que jusqu’à Cholet. Ce dernier ayant appris de son maître où était caché le trésor, le quitta pour s’occuper du domaine. Était-il bien intentionné… ?

De retour à la Boulaye, Sérit chercha à l’endroit indiqué, mais ne trouva rien. Il éleva alors un arceau à un endroit où une statue de la Vierge Marie était vénérée dans un chêne creux, et déposa cette même statue dans cette petite chapelle. Les gens du pays continuèrent de venir invoquer cette dernière, en particulier ceux qui, inspirés par cette histoire, désiraient retrouver des objets perdus. Une solution locale pour soulager ce bon saint Antoine de Padoue !
  

Capture d’écran 2015-05-18 à 17On aperçoit, par un interstice, une statue de la Vierge au fond de l'oratoire

Capture d’écran 2015-05-18 à 17Un lieu isolé au bord de la petite route de Saint-Amand-sur-Sèvre
  


Source : Jean Lagniau, La Boulaye, haut lieu de la Vendée Militaire, Revue du Souvenir Vendéen, n°174, mars-avril 1991, p. 14