Havre de paix caché au milieu de l’agitation parisienne, le cimetière de Picpus constitue un des hauts lieux de la Révolution française. Outre les tombes de personnages célèbres, l’endroit regorge de souvenirs des victimes de la Grande Terreur, notamment une plaque inaugurée le 5 juin 1994 en mémoire de 23 Vendéens du pays de Challans.

Picpus 3 Souvenir VendeenLa plaque du Souvenir Vendéen au cimetière de Picpus
  

La cérémonie d'inauguration fut organisée par la section Ile-de-France du Souvenir Vendéen, afin d’honorer ces 23 martyrs (22 femmes et un homme) tombés loin de leur village, victimes de l’acharnement du pouvoir révolutionnaire à éliminer ceux qui appartenaient au peuple des « brigands ». Le Père Gilles Bolle évoqua ce sacrifice au cours de la messe célébrée dans l’Oratoire de Picpus. Après l’office, l’assemblée se rassembla au pied du mur gauche du transept de la chapelle, sur lequel ont été gravés les noms de nos Vendéens, parmi les 1.306 noms des guillotinés exécutés entre le 26 prairial an II (14 juin 1794) et le 9 thermidor an II (9 juillet 1794), et ensevelis en ce lieu. Dans un silence émouvant, un jeune adhérent de l’association fit l’appel des morts.
  

Picpus 6La chapelle de Picpus
  

Deux causeries suivirent ce moment de recueillement. Mme Simone Loidreau donna la première sur le calvaire des Vendéens inhumés ici. Les Bleus en avaient emprisonné 26 à Challans, avant de les transférer à Noirmoutier pour plus de sûreté. Déférés au Tribunal révolutionnaire, ils arrivèrent à Paris le 19 juin 1794, malades et épuisés. L’un d’eux était mort en route. Ils passèrent devant leurs juges, sans grande formalité sinon la vérification de leur identité ; le texte les condamnant à mort avait été préparé à l’avance. Deux accusés furent acquittés, dont une adolescente de 14 ans. Les 23 autres montèrent dans la charrette pour suivre le rituel sanguinaire quasi quotidien. Ils furent guillotinés sur la « place du Trône Renversé » (actuelle place de la Nation) le 25 juin 1794, leurs corps jetés dans un tombereau qui alla vider son chargement dans le jardin de Picpus, devenu « bien national » depuis que les religieuses chanoinesses de Saint Augustin en avaient été chassées en mai 1792.
  

Picpus 4Quelques plaques dans le cimetière de Picpus
  

Pour la seconde causerie, M. Faugeron, conservateur du cimetière de Picpus, fit un historique de ce jardin transformé en lieu d’ensevelissement des suppliciés de la place du Trône Renversé. Son isolement à l’écart de tout voisinage permit l’aménagement de larges fosses communes propices à garantir l’anonymat des « ennemis de la Révolution ». Un mur fut édifié plus tard pour mettre celles-ci à l’abri des profanations. Et c’est sur ce mur que fut apposée la plaque du Souvenir Vendéen, le 5 juin 1994, 200 ans après cette tragédie, tout près de celle qui rappelle le martyre des Carmélites de Compiègne.

Picpus 1La plaque en mémoire de 1.306 guillotinés de la Grande Terreur

Picpus 2L'une des fosses communes du cimetière de Picpus

Picpus 5La plaque en mémoire des Carmélites de Compiègne